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Charlotte, diplômée de l’école de cirque de Barcelone

Charlotte Marchal lors d'un spectacle de cirque à Barcelone

A 22 ans, Charlotte Marchal termine deux ans d’études au sein de l’école de cirque professionnelle Rogelio Rivel à Barcelone. Cette jeune française nous fait découvrir son univers. 

Photos Luis Montero & Joana Curbera

Tu es élève dans l’une des deux écoles professionnelles de cirque d’Espagne, quel a été ton parcours pour en arriver jusque là ?

J’ai découvert le trapèze très jeune. J’ai toujours aimé ça et surtout voulu faire ça. J’ai toujours su que c’était le métier que je voulais faire. Ma mère danseuse m’a soutenu pour faire cette profession.

Tout d’abord, j’ai fait un stage dans une école en France à Besançon de quatre mois, afin de me préparer aux écoles de cirque. Puis après ça, j’ai tenté les concours à Barcelone et à Lyon, et j’ai été prise ici.

Pourquoi avoir tenté le concours de Barcelone ?

J’avais déjà tenté l’école deux ans auparavant et je souhaitais quitter la France. Alors en cherchant, j’ai trouvé l’école Rogelio Rivel, qui a bonne réputation. 

C’est donc une passion que tu as eu très jeune ?

J’ai commencé le trapèze à l’âge de 6 ans en amateur. Depuis mes 12 ans, donc depuis 2003, j’ai une troupe amateur. On a fait plein de spectacles en Allemagne, en Belgique, à Paris ou dans le Sud de la France. Aujourd’hui, nous sommes trois de cette troupe à être devenu professionnels du cirque, sur douze personnes.

Tout a commencé dans un centre d’animation avec deux professeurs. Une année il y a eu un concours à Stuttgart en Allemagne entre plusieurs troupes de différentes nationalités, nous avons participé et remporté le concours. Ils ont donc décidé de créer une véritable troupe. Nous montions des spectacles, au fur et à mesure les plus grands partaient et les petits les remplaçaient. Et ça continue toujours aujourd’hui. 

As-tu déjà eu envie de baisser les bras, dans une voie qui semble si difficile?

J’ai déjà baissé les bras, cette année par exemple. En décembre j’ai eu envie de tout arrêter. 

Avant mon stage à Besançon il y a quelques années, j’ai eu un accident qui m’a fait arrêter un an. Mais ceci a plutôt renforcé mon envie de faire du cirque. C’est plus depuis que je suis à l’école que j’ai eu envie d’arrêter, car c’est dur, tu sacrifies le reste de ta vie pour le cirque. Quand tu as le moral dans les chaussettes, tu as envie d’arrêter. Mais je ne le fais pas car je ne me vois pas faire autre chose dans ma vie!

Comment se déroule une journée-type à l’école de cirque Roglio Ravel?

Nous avons deux journées types au cours de la semaine, un jour sur deux. Pour la première on commence le matin avec des bases techniques, c’est-à-dire approfondissement de la connaissance du corps et de comment il fonctionne, et de la danse durant trois heures. Ensuite on enchaîne avec deux heures d’accro puis un parcours de musculation de quinze minutes. L’après-midi chacun travaille ses spécialités, cela peut être accro, aérien, main à main, équilibre sur les mains, etc.

La seconde journée type de la semaine commence par deux heures de théâtre puis une heure d’équilibre sur les mains. Puis nous faisons une heure de grand trampoline, et enfin du travail personnel. Durant cette heure, chacun travaille ce qu’il a besoin de travailler en fonction de son corps et de ses spécialités. L’après-midi se termine par la souplesse, c’est vraiment important. 

Chaque élève a une spécialité ?

Oui, moi c’est la corde par exemple. 

Charlotte-cirque

Est-ce que le cirque a des répercussions sur ta vie en dehors de l’école ? 

Quand tu es en école, il y a que l’entrainement qui compte. Tu y passes tellement de temps et tout ton temps. Après les journées que je viens de te décrire, on peut rester plus tard le soir pour préparer des spectacles et des numéros. Ca te prend tellement d’énergie et de temps, on ne compte pas ses heures.

Le week-end, on va voir des spectacles de cirque. Des fois avec un pote, on se dit qu’on aimerait bien arrêter de l’école pour pouvoir se remettre à la musique par exemple. C’est différent de quand tu es artiste. Dans ce cas-là tu es plus dans le maintien de ton corps et non plus dans l’évolution de ton corps comme en école, et c’est ça qui est difficile. 

A quelle fréquence produisez-vous des spectacles ?

Une fois par mois, mais il y en a aussi qui se font en dehors de l’école. Il y a les pistes ouvertes où chacun peut présenter son travail, on y travaille toutes les après-midis. Puis à la fin des deux ans de formation, il y a le spectacle de fin d’année. On travaille durant un mois avec un directeur de cirque ou d’école de cirque, et là c’est un véritable travail de création professionnelle.

Tu viens de terminer ta formation à l’école Rogelio Rivel, quelle est la suite ?

Certains sortent de cette école et vont déjà travailler, d’autres font une autre école de cirque. Il y en a aussi qui arrêtent. Par exemple, une élève de l’an dernier est partie en médecine!

Rogelio Rivel est une école professionnelle mais il existe les écoles supérieures qui te permettent d’avoir un diplôme pour travailler directement en sortant. Ce n’est pas un métier où tu dois avoir un niveau imposé, il existe toutes les possibilités et tous les niveaux. C’est à toi de sentir quand tu es prête, quand tu as envie de travailler en fonction de projets et de propositions qui s’offrent à toi.  

C’est un métier qui n’est pas fixe et qui ne le sera jamais. Un travail vraiment précaire, à courte durée. Ce n’est pas pour rien que les intermittents sont en train de se bouger en France.