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Finances expatriés rentrée 2014 – Le grand bal des banques centrales

En ce second semestre 2014, l’heure est au bilan des décisions prises par les Banques Centrales. Les explications avec Jean-Claude Faixo, directeur Espagne de Crystal Finance. 

Nous arrivons au dernier trimestre 2014, qu’aviez-vous prévu pour cette année?

En 2014, nous avions prévu deux phénomènes du début du 21ème siècle, soit la grande volatilité des marchés actions et la baisse continuelle des taux. Nous avions imaginé une hausse des marchés occidentaux, européens en tête et marquions une prudence sur les indices émergents. Depuis le début de l’année, les marchés actions occidentaux se sont d’abord envolés avec une hausse de plus de 8 % en haut de courbe pour le CAC début juin pour ensuite annuler cette progression à fin juillet. Même scénario pour le DJ, ou le Dax. Pour les émergents, seul l’indice indien a marqué une sur-performance avec + 25 %, les autres indices étant relativement plats.

Que s’est-il passé depuis juin ?

La FED a annoncé depuis mai 2013 un ralentissement de sa politique de « Quantitative Easing » (QE), chose redoutée des opérateurs de marché ; la Banque Centrale Européenne, quant à elle, a annoncé en juin, le recours possible à cette politique.

D’où vient cette politique de « Quantitative Easing » ?

Inventée aux États-Unis, pour lutter contre la crise de 2008, cette technique monétaire a fait baisser considérablement les taux longs pour permettre tout d’abord l’acquisition d’actions via le crédit puis l’amélioration de l’accès aux financements des ménages et des entreprises. Les premiers empruntent pour l’immobilier et la consommation, les seconds investissent et donc recrutent. Ce phénomène de passage de l’économie financière à l’économie réelle est bien entendu le but recherché afin de relancer la formidable locomotive américaine.

Si les marchés actions US ont aimé cette politique inventée par la FED, qu’en est-il pour l’Europe ?

La réponse est complexe, et déterminer des courants stables semble peut-être encore prématuré. En Europe, la baisse des taux et le soutien aux « PIGS » (Portugal, Italie, Grèce, Espagne) ont, certes, permis d’éteindre l’incendie de la crise de l’euro mais n’ont pas engendré la reprise attendue et l’inflation redoutée. Bien au contraire, la reprise est molle et l’horrible spectre de la déflation nous menace.

Quels vont être les effets à moyen terme de la « Quantitative Easing » utilisée par la Banque Centrale Européenne ?

A moyen terme, cette entrée probable de la BCE dans le cercle fermé des utilisateurs du QE devrait être bénéfique aux actions européennes. De nombreux économistes néokeynésiens, tant aimés des mouvements politiques socialistes ou sociaux-démocrates, vous diront qu’une politique monétaire de baisse des taux doit être accompagnée d’une politique massive de relance budgétaire. L’Europe interventionniste, mais traversée d’un formidable courant libéral prônant la rigueur budgétaire, a dit « nein » et oblige au contraire à respecter les fameux critères de déficits budgétaires coordonnés.

La Banque Centrale Européenne, pourtant bastion de cette vision économique, a décidé, menée en cela par un gouverneur tout droit sorti de Goldman Sachs, de brandir le glaive du QE et ainsi, l’espère-t-il, donner à notre vieille économie européenne le souffle des États-Unis. Cette entrée probable de la BCE dans le cercle fermé des utilisateurs du QE devrait être bénéfique aux actions européennes dans un premier temps et, espérons-le, à notre économie dans un second temps.

Et à court terme ?

À court terme, cette annonce a permis de rendre encore attractive les obligations via une forte baisse des taux et donc une hausse des cours. Elle a aussi souligné le marasme européen avec une économie française difficile à relancer et une Allemagne en proie à un certain ralentissement. Les épisodes BNP, Espirito Santo dans la sphère bancaire et le drame du vol MH17 ont couronné un mois difficile pour les actions européennes et un retour de flamme de la volatilité.

Que proposez-vous pour ce second semestre 2014 ?

Dans ce contexte, notre gestion BuyStop, nos produits structurés et les fonds dédiés et communs ASG obligataires hybrides ont particulièrement bien performé et devraient, au regard de ce qui précède, continuer à surperformer les indices de référence. Dans la sphère immobilière, la détente des prix contribue à démoraliser encore les propriétaires d’immobilier d’habitation et à aiguiser les appétits des investisseurs sur les fonds immobiliers commerciaux (SCPI de rendement). Pour notre part, nous continuons à suivre et proposer l’immobilier français, poussé par des taux de crédit historiquement bas.

Enfin, nous avons décidé d’internationaliser notre gamme immobilière d’abord sur les États-Unis avec la gamme Black Tulip et bout ce qui me concerne sur l’Espagne et particulièrement sur Barcelone.

L’Interviewé

jean-claude faixo crystal finance barceloneJean-Claude Faixo est le directeur régional de Crystal Finance pour l’Espagne et le Portugal.

Expert dans le secteur du conseil et de la gestion du patrimoine depuis 25 ans, il est désormais spécialisé dans le conseil aux expatriés.

(Publi-info)