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Pour qui voter dimanche aux municipales de Barcelone ?

Ce dimanche 24 mai les bureaux de vote de Barcelone permettront de choisir le maire pour les 4 prochaines années. Les 50 000 Français de Barcelone peuvent, au même titre que les Espagnols, se rendre aux urnes pour choisir l’édile. Tous les candidats sont passés en interview sur Equinox Radio. Analyse de la rédaction.

Le dernier tour de piste du maire Xavier Trias

xavier triasLe maire sortant de centre droit Xavier Trias est à nouveau candidat. C’est la dernière fois qu’il se présentera. Au vu de son état de santé, des sources affirment que si il est réélu il n’achèverait pas son mandat et laisserait la charge de maire à l’un de ses adjoints. Joaquim Forn serait en bonne place pour succéder à Xavier Trias. CiU n’aurait pas voulu prendre le risque de présenter une figure moins connue que celle du Maire préférant la transition en douceur. Les affiches électorales placardées dans les rues de Barcelone ne montrent d’ailleurs plus Trias, mais des dessins le représentant. Signe de l’effacement de la figure de Trias (à la Bouteflika en Algérie) ou simple effet sorti de la tête d’un communiquant boboïsé? Sur Equinox Radio, Xavier Trias s’est borné à vouloir être un maire centriste, refusant qu’on le qualifie de droite. Sur le dossier épineux du divorce espagnol, il reste sur sa position: « Je suis indépendantiste mais je ne voterai pas l’indépendance », grinçant au passage que les Français ne pourront jamais comprendre l’indépendantisme catalan. Malgré quelques clins d’œil aux indépendantistes, Xavier Trias inspire peu de confiance parmi les séparatistes. L’association lobbyiste ANC a d’ailleurs annulé pendant la campagne une manifestation majeure, craignant qu’au dernier moment Trias ne signe pas le manifeste en faveur de l’indépendance.

Xavier Trias ne se veut pas non plus un maire sécuritaire mais réclame de l’ordre dans la ville. Il veut lutter contre le bruit mais snobe le collectif de 600 habitants de Poble Sec qui demandent par pétition l’annulation du festival Picnik Electronik produit par la mairie de Barcelone et qui transforme tous les dimanches de juin à septembre un jardin municipal de centre-ville en discothèque, nécessitant parfois l’intervention de la Brigada Movil del Mossos (l’équivalent des CRS français).  Trias reste donc positionné dans son extrême centrisme. La même campagne qu’en 2011 qui avait déjà donné de piètres résultats.  Après 30 ans de gestion municipale socialiste, Trias a seulement décroché 14 conseillers municipaux sur 41. Loin de la majorité absolue fixée à 21. Ce qui a obligé le maire durant tout son mandant à nouer des alliances avec la droite PP et les socialistes.
Cette année, les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets : Trias devrait obtenir dans les 20% de votes et se verra de nouveau obligé de s’allier avec d’autres partis pour faire passer ses lois ou les budgets. Trias insiste pour que la liste la plus votée soit celle qui remporte la Mairie. Une ambition qui est en passe de se réaliser car malgré un bilan plus que mitigé, les Espagnols laissent souvent une deuxième chance à leurs dirigeants. Gonzales, Aznar, Zapatero, Pujol, Montilla, Hereu, Mas : les responsables politiques ont tous enchainé au minimum deux mandats.

Équivalence politique en France : le courant centriste de l’UMP – L’UDI – Le MODEM

Retrouvez l’interview de Xavier Trias sur Equinox Radio Barcelone en cliquant ici

Ada Colau : Je suis moi

La campagne de Barcelona en comu est un véritable one-woman-show d’Ada Colau. L’ex-activiste d’extrême gauche suit les pas de Pablo Iglesias de Podemos, allant même jusqu’à faire imprimer son visage sur les bulletins de vote. Sur le fond, Colau reprend les thèses de l’extrême gauche : dénonciation de la mafia, lutte contre la caste, les banques, la corruption, les hôtels de luxe. Sous ses airs sympathiques et charismatiques, Ada Colau présente un programme radical, qui ferait de Barcelone l’une des rares villes-capitales gouvernées par un(e) extrême. En effet, les villes-mondes globalisées sont généralement régies par des maires modérés comme à Paris, Londres, Berlin ou Bruxelles. Une victoire d’Ada Colau confirmerait l’appauvrissement de Barcelone et un basculement social de la classe moyenne disparaissant au profit des couches les plus populaires frappées de plein fouet par la crise. Cependant si Colau se hissait en tête, sa victoire à la mairie pourrait être contrariée par une coalition faisant barrage à l’extrême gauche allant de la CiU aux socialistes en passant par les droites de Ciutadanos et du Parti Populaire. Du coup, les républicains indépendantistes de ERC pourraient devenir faiseurs de roi, en apportant leur soutien soit à l’extrême gauche soit à Xavier Trias. A noter que lors de son interview sur Equinox Radio Barcelone, Colau fut l’unique candidate à s’adresser aux Français de Barcelone en ne faisait aucune distinction entre un expatrié ou un Barcelonais natif. Elle nie toute appartenance communautaire des Français de Barcelone, pour elle tous les citoyens se valent. Il est bon de le rappeler.

Équivalence politique en FranceLe Front de Gauche et Europe Écologie les verts sur son programme économique et sociétal – Le Front National (tendance Florian Philippot) pour le côté populiste, les propos xénophobes en moins.

Retrouvez l’interview d’Ada Colau sur Equinox Radio Barcelone en cliquant ici

Alberto Fernández Díaz : Islam ? Non merci

alberto-fernandez-diaz-Le candidat de droite proche de Mariano Rajoy fait une campagne très à droite. Lutte contre l’Islam craignant que les anciennes arènes de Monumental se convertissent en une mosquée, propos très durs contre l’insécurité. Alberto Diaz propose de « nettoyer le Raval » se trouvant ainsi à mi-chemin entre le karcher de Nicolas Sarkozy et les propos du maire de droite de Badalona qui a proposé de nettoyer la cité qu’il dirige depuis 2011. Cependant Diaz reste un partenaire potentiel pour donner une majorité ponctuelle au maitre Trias. Le caractère très modéré du maire sortant concernant l’indépendance n’est pas pour déplaire au candidat de droite. Les mauvais sondages ne l’effraient pas, rappelant qu’Aznar lors de son second mandat a perdu un million de votants mais a gagné en nombre de députés, le découpage électoral favorisant généralement les grands partis.

Équivalence politique en France : L’aile droite de l’UMP

Retrouvez l’interview d’Alberto Fernandez Diaz sur Equinox Radio Barcelone en cliquant ici

Carina Mejias ne sait plus où elle est

carina mejiasIl est dur pour un commentateur politique de situer le positionnement du parti Ciutadans que représente Carina Mejias sur Barcelone. Originellement, Ciutadanos est un parti dissident de la droite du PP. Il était uniquement implanté en Catalogne et se voulait une droite sociale clairement anti-indépendantiste.  Mais durant cette campagne, le leader du parti Alberto Rivera a déclaré que le mouvement pourrait s’allier avec la droite, les socialistes ou l’extrême gauche de Podemos afin de dégager des  majorité. Quel lien peut-il y avoir entre la politique de Mariano Rajoy et celle de Pablo Iglesias, seul Ciutadans semble le savoir. Du coup ce parti renvoie une image tacticienne et « attrape-tout », même si les sondages restent bons, le vote utile au dernier moment pourrait faire éclater la bulle Ciutadans.

Équivalence politique en France : UMP lors de la création du parti Ciutadanos, aujourd’hui indéfinissable.

Retrouvez l’interview de Carina Mejias sur Equinox Radio Barcelone en cliquant ici

Alfred Bosch  sort ses muscles

alfred boschAlfred Bosch n’est pas venu pour rigoler. Il veut remettre de l’ordre à Barcelone, rétablir la sécurité en créant une nouvelle police qui mettra des amendes aux touristes inciviques, il veut fermer les terrasses qui ne respectent pas la loi. Évidement Bosch se veut le gardien du temple indépendantiste.  Il fait campagne sur le très clivant « SI » (sous-entendu « voter oui à un éventuel référendum indépendantiste »). Si il est élu maire, il déclarera Barcelone capitale de la Catalogne dans une intervention solennelle en catalan, espagnol, anglais et français. Il demeure l’un des arbitres de ces élections, pouvant apporter son soutien décisif au maire sortant Trias ou à la liste d’Ada Colau. Il a réclamé que les deux candidats se positionnent clairement sur l’indépendantisme catalan avant d’annoncer une éventuelle alliance. A noter qu’Alfred Bosch est le seul candidat à ces élections à pratiquer un français parfait. Il a d’ailleurs terminé son interview sur Equinox Radio dans la langue de Molière.

Équivalence politique en France : Radicaux de gauche

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Jaume Collboni est ouvert

jaume collboniLe candidat socialiste à la mairie de Barcelone est ouvert. Sociétalement d’abord, c’est le seul candidat gay assumé à la mairie de Barcelone. Il se sent très proche de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, portée sur les valeurs de progrès. Ouvert politiquement parlant, Collboni a voté le dernier budget de Xavier Trias et pourrait être un partenaire privilégié en cas de réélection du maire sortant. Collboni a la lourde tache de rénover un parti socialiste catalan divisé sur la question indépendantiste, tiraillé sur ses rapports avec Podemos et devant faire face au bilan mitigé de Jordi Hereu, dernier maire socialiste de Barcelone

Équivalence politique en France : PS

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Maria Jose Lecha : La CUP veut se faire voir

la cup barcelonaSi vous voyez du jaune partout dans Barcelone c’est normal : les militants de la CUP jugent bon de coller des affiches sauvages salissant la ville, devenant ainsi le seul parti à ne pas respecter la loi sur les endroits réservés à la propagande politique. Abribus, panneaux publicitaires, portes de métro, la CUP est partout. De plus ce parti recouvre systématiquement les affiches des autres candidats. Au moins, la Cup l’affirme sans ambages : elle veut « rentrer en force » au conseil municipal, référence douteuse au coup de force des émeutiers qui avaient essayé de pénétrer illégalement dans le parlement catalan il y a deux ans.

Équivalence politique en France : Lutte ouvrière – NPA

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