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Les écoles catalanes mobilisées contre le djihad

stop djihadisme

Le gouvernement de Catalogne a élaboré un protocole destiné aux professeurs de collèges et lycées afin de détecter la radicalisation des élèves. Une méthode inspirée de celle appliquée pour les gangs latino-américains dans les années 2000. 

Les attentats de Paris et Bruxelles n’ont fait que confirmer un phénomène déjà connu depuis de nombreuses années : le djihad attire des jeunes nés et éduqués en Europe. Un constat établi par l’ensemble des pays européens. « Les recruteurs trompent les jeunes en leur promettant un avenir, un idéal ou une cause à défendre, là où ils ne rencontreront que manipulation, barbarie et mort. Ils utilisent, si nécessaire, de véritables techniques de manipulation mentale pour les amener à rejeter leur environnement scolaire, professionnel et même familial » explique le site Stop Djihadisme, lancé par le gouvernement français en janvier 2015.

Si certaines mosquées et autres foyers de recruteurs sont depuis longtemps l’objet d’une surveillance accrue des autorités catalanes, la région souhaite aller plus loin en tentant de prévenir la radicalisation des plus jeunes. Elle élabore depuis plusieurs mois, en collaboration avec les Mossos d’Esquadra (police catalane), un protocole destiné aux établissements publics d’enseignement secondaire.

Les professeurs mobilisés

Les premiers intervenants de ce nouveau protocole seront évidemment les professeurs, chargés de détecter les éventuels aspirants au djihad. Les autorités catalanes se sont ici inspirées de la méthode utilisée dans les années 2000 pour enrayer la croissance des gangs latinos (Latin Kings, Ñetas, Bloods et Trinitarios). Un phénomène qui avait attiré plusieurs milliers de jeunes avant de se tarir grâce notamment à cette procédure mise en place dans les écoles, appuyée par de lourdes peines de prison infligées aux leaders.

Les professeurs devront donc être particulièrement attentifs au changement de comportement de leurs élèves, notamment des étudiants extravertis, sans problèmes relationnels, qui deviennent subitement introvertis ou fuyants, à ceux qui abandonnent leur garde-robe habituelle pour des vêtements traditionnels musulmans ainsi qu’aux jeunes filles qui ne veulent pas participer aux cours de sport, d’art ou de musique pour des motifs religieux. Les jeunes en décrochage scolaire ou ceux qui manquent l’école en invoquant un voyage à l’étranger sont également à surveiller.

La prévention dans les écoles constitue la dernière étape du Plan Opératif Spécial Antiterroriste mis en place en janvier 2015, peu après les attentats de Paris qui avaient mené l’Espagne à élever son niveau d’alerte antiterroriste de 4 sur une échelle de 5.