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Le Front National veut poursuivre en justice le fils de l’ancien président de Catalogne

Louis Aliot, vice-président du Front National, chef de l’opposition au conseil municipal de Perpignan et député européen, demande à ce que la justice française poursuive Jordi Pujol Ferrusola, fils de l’ancien président de la Catalogne. Jordi Pujol Junior, déjà inquiété par de nombreuses affaires en Espagne, serait impliqué dans un dossier de corruption urbanistique à Perpignan.

Jordi Pujol a été l’emblématique président de la Catalogne durant près de 30 ans, entre 1981 et 2003. Il est tombé de son piédestal lors de l’été 2014, lorsque, acculé par de multiples preuves, il a avoué avoir organisé une fraude fiscale massive de plus de 100 millions d’euros dans treize pays différents. Cet argent correspondrait au détournement de «23 à 30 ans de commissions sur des travaux publics».

Véritable chef de clan mafieux, Jordi Pujol « employait » également sa famille pour commettre ses exactions. L’aîné de la famille Jordi Pujol Ferrusola est bien connu de la justice espagnole pour avoir, entre 2004 et 2012, effectué 118 mouvements bancaires suspects pour un montant total de 32 millions d’euros. C’est son ancienne fiancée qui l’avait dénoncé à la justice.

Le Front National s’empare de l’affaire

L’affaire Pujol est donc relancée en ce début 2017, en France dans la ville de Perpignan (Pyrénées Orientales – Catalogne française). La ville aurait été le théâtre d’une opération urbanistique illégale il y a une dizaine d’années entre Jean-Marc Pujol (homonyme, rien à voir avec la famille), actuellement maire de Perpignan et à l’époque des faits adjoint au budget.


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Selon le site d’information espagnol El Confidential, la Mairie de Perpignan dirigée à l’époque par Jean-Paul Alduy aurait permis au fils Pujol d’acheter un terrain de vignes pour 750.000 euros, qui a ensuite été revendu 4 millions d’euros par ce dernier pour construire le célèbre centre commercial de Château-Roussillon. L’opération autorisée par l’adjoint au budget de la ville Jean-Marc Pujol, en plus d’être illégale, aurait servi à blanchir d’importants capitaux comme le signale El Confidential. Le chef de l’opposition au conseil municipal de Perpignan, le frontiste Louis Aliot, a sauté sur l’affaire et demandé à la justice française d’enquêter à son tour sur le fils Pujol et demande à ce que la mairie de Perpignan se porte partie civile.

Perpignan, une mairie à l’image sulfureuse

En demandant à ce que la ville de Perpignan soit partie civile dans l’affaire, Louis Aliot met le doigt où ça fait mal. Depuis des années, la municipalité traîne une image de corruption. La ville est dirigée par le même clan politique depuis 1959. Paul Alduy de 1959 à 1993 puis son fils Jean-Paul Alduy jusqu’en 2009, année où il passa le flambeau, à la surprise générale et sans qu’on n’en connaisse les raisons, à son adjoint Jean-Marc Pujol.

Jean-Paul Alduy et son successeur à la Mairie de Perpignan Jean-Marc Pujol

L’équipe municipale perpignanaise est accusée par ses opposants d’avoir développé au fil de ces décennies un système clientéliste massif, notamment auprès de la population gitane résidente historiquement dans le centre-ville, afin de se maintenir au pouvoir. En 2008, l’élection municipale avait été annulée par le Conseil d’État, car un président de bureau de vote avait caché dans ses chaussettes des bulletins de votes au nom du maire Jean-Paul Alduy (la fameuse « fraude à la chaussette »).

L’affaire du fils Pujol, trouble un peu plus l’image de cette ville et les relations avec la Catalogne corrompue des années 1990-2000. Beaucoup d’experts, à l’image de Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême-droite, pensent que le système perpignanais actuel est en fin de cycle et que Louis Aliot sera le prochain maire de Perpignan… en 2020.