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Manifestation massive en faveur des réfugiés à Barcelone

Le samedi 18 février prochain, une manifestation aura lieu en faveur des migrants. Les associations barcelonaises se regrouperont Plaça Urquinaona afin de leur montrer qu’ils sont les bienvenus en Catalogne.

A l’accueil des réfugiés, une partie des Barcelonais répond par la positive.  « Nous voulons accueillir » : ces mots, ce sont ceux des militants en faveur de l’arrivée des migrants et ils résonneront Place Urquinaona samedi prochain lors de la manifestation #VolemAcollir. Un cri adressé au gouvernement espagnol et un témoignage de solidarité aux migrants.

Un double message donc pour que « la Catalogne soit une terre d’accueil » comme l’explique dans une vidéo promotionnelle le journaliste Jordi Evole, également membre de l’association « Casa Nostra, Casa Vostra » à l’initiative du mouvement. Il invite les Barcelonais à le rejoindre dans cette lutte si eux aussi sont « indignés que les gouvernements européens ne fassent rien pour accueillir les réfugiés ». L’association dénonce l’inertie du gouvernement espagnol. Elle lui reproche de ne pas tout mettre en oeuvre pour recevoir dignement les migrants.

 « Casa Nostra Casa Vostra » plus déterminée que jamais

300. C’est le nombre de volontaires qui participent activement à l’association « Casa Nostra Casa Vostra ». A l’origine, des personnes indépendantes travaillant dans la communication et avec une même volonté : venir en aide aux réfugiés. « Ce qui nous a poussé à agir c’est l’indignation en premier lieu mais surtout pour apporter une solution aux migrants » explique Ruben Wagensberg, un des coordinateurs de la campagne VolemAcollir.

Un dévouement sans faille à la cause des réfugiés et une bouffée d’air frais pour les personnes en difficulté. « Nous voulons accueillir tous ceux qui fuient la guerre, la famine, la persécution politique ou qui sont rejetés à cause de leurs orientations sexuelles ou encore de leurs croyances. Mais également tous ceux qui sont aujourd’hui sur le territoire espagnol et qui n’arrivent pas à développer une vie digne. A tous ces gens, nous voulons leur dire : notre maison est votre maison. »  Un discours qu’ils espèrent faire entendre au gouvernement espagnol.

Après avoir signé le traité entre l’Union européenne et la Turquie sur la question épineuse des migrants, l’Espagne s’était engagée à recevoir 17 000 personnes réfugiées. Seulement 516 des personnes prévues sont arrivées, pendant l’année 2016 d’après l’association Casa Nostra Casa Vostra. Manque de volonté, de moyens ou problèmes d’organisations, quelles que soient les raisons, il est clair que l’Espagne n’a pas rempli son quota. Selon Ruben, « c’est clairement une absence de volonté de la part du gouvernement et uniquement un manque d’envie d’ailleurs ».

Le coordinateur de la campagne #VolemAcollir pointe du doigt la réaction espagnole et la compare à celle du gouvernement canadien. « On voit bien que c’est uniquement une question de politique, au Canada, le gouvernement a mis tout en oeuvre pour recevoir les réfugiés. » Une inaction dénoncée également par de nombreux responsables politiques de gauche et des associations. Le chef du Parti socialiste, Pedro Sanchez, a lui accusé le gouvernement de M. Rajoy de faire «honte à toute l’Espagne».

Une manifestation pour faire bouger les lignes du gouvernement

Mariano Rajoy, avait pourtant déclaré en 2015 à Berlin que la crise migratoire actuelle était « le plus grand défi pour l’Europe pour les années à venir ». Paradoxalement, c’est également l’année où le chef du gouvernement espagnol défendait son modèle pour freiner l’immigration illégale. Un an plus tard des ONG espagnoles et européennes épinglent le gouvernement conservateur. C’est le cas d’OXFAM une organisation britannique qui s’indigne de voir l’Espagne « louper de manière retentissante » l’examen en matière d’accueil des réfugiés. Rajoy déclarait pourtant le 16 mars 2016 : « C’est terrible qu’il y’ait des personnes obligées de partir de leurs pays à cause de la guerre. C’est urgent que l’UE adopte des mesures pour les aider. »

L’espoir d’une amélioration pour la situation des migrants

Malgré tout, les associations veulent y croire. « Si on fait la campagne c’est parce qu’on croit qu’une amélioration est possible », poursuit Ruben. Porteuse d’espoir pour ceux qui ont dû quitter leurs pays, cette campagne appelle à une mobilisation qu’elle espère massive. A l’instar du célèbre journaliste Jordi Evole, qui lors d’un discours polémique samedi a reproché aux dirigeants catalans leur inaction et invité tous les citoyens à se joindre à sa lutte: « le 18 février à 16h, nous les habitants de Barcelone, de Lérida, de Gérone, de Tarragone, et du reste de l’Espagne, envahissons les rues et montrons à nos gouvernement que nous souhaitons accueillir. Faisons-nous entendre d’une même voix (…) l’Humanité n’est pas une option. »