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Indépendance – Vers un accord entre la Catalogne et le gouvernement espagnol?

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Alors que la tension entre le gouvernement central et la Catalogne est à son maximum, le dialogue aurait avancé tout au long du week-end entre les deux parties pour trouver une sortie à la crise indépendantiste. La question du référendum voulu par la Catalogne, mais non autorisé par Madrid, semble être cependant un obstacle difficile à surmonter.

Un possible dégel entre les responsables indépendantistes catalans et le gouvernement espagnol a peut-être commencé jeudi dernier. L’ancien président catalan, à l’origine du processus indépendantiste en 2012, Artur Mas s’est rendu à Madrid devant un forum académique pour faire l’éloge de la « troisième voie », une solution alternative située quelque part entre l’immobilisme et l’indépendantisme. Devant des étudiants, l’ancien président catalan a expliqué qu’il y avait selon lui deux chemins possibles : « l’indépendance totale ou une régression de l’autonomie catalane, s’il y a une troisième voie au milieu, c’est à l’État espagnol de le proposer, je dis bien à l’État pas au gouvernement ».

En insistant sur le rôle de l’Etat et non du gouvernement, Artur Mas semble sous-entendre que le Roi d’Espagne devrait intervenir pour concilier une sortie de crise entre le gouvernement central et la Catalogne. Une situation qui intervient alors qu’il y a deux semaines, Artur Mas était jugé pour avoir organisé une consultation non autorisée en novembre 2014. Un procès qui pourrait se terminer par une peine d’inéligibilité, laquelle pourrait paradoxalement profiter à Artur Mas. Le leader catalan pourrait alors se représenter aux élections catalanes, en faisant appel de sa condamnation et apparaissant comme un martyr démocrate.

45 propositions en faveur de la Catalogne

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy semble aller dans le même sens qu’Artur Mas. Il a indiqué que l’exécutif espagnol allait proposer dans les prochains jours une batterie de mesures favorables à la Catalogne. Selon nos confrères d’El Pais, un document contenant 45 propositions concrètes va être envoyé de la Moncloa au Palau de la Generalitat. Il répondra à des demandes catalanes concernant les investissements financiers dans les infrastructures locales et l’élargissement des compétences autonomiques. Une nouvelle façon de faire de la politique également, avec le Conseil des Ministres qui pourrait avoir lieu à Barcelone, et des extensions des musées de Madrid à Barcelone.

Le président de la Catalogne Carles Puigdemont, lors d’un déplacement à Toulouse aujourd’hui, a affirmé vouloir dialoguer jusqu’au bout avec le gouvernement espagnol mais réitère son désir de convoquer un référendum indépendantiste « en septembre prochain au plus tard ». Or, les 45 propositions de Mariano Rajoy n’incluent aucunement l’hypothèse de la tenue d’un référendum ayant pour question l’indépendance du territoire.

Négocier ou imposer le référendum indépendantiste?

Il y a donc deux courants qui s’affrontent aujourd’hui dans les cercles de pouvoir catalan. Ceux que l’on pourrait appeler les « négociateurs » . Il s’agit d’Artur Mas et de son entourage, qui souhaitent faire prospérer le dialogue avec l’Etat, mettre en place les mesures proposées par Mariano Rajoy en transformant le référendum indépendantiste par un référendum -autorisé par Madrid – qui aurait pour but de valider les nouvelles responsabilités que l’Espagne offrirait à la Catalogne. S’ensuivraient des élections catalanes où Artur Mas se voit déjà président, étant garant de la mise en place de l’accord passé avec l’Espagne.

De l’autre côté, le courant des « jusqu’au-boutistes » pèse de tout son poids dans le processus indépendantiste. Il est mené par l’actuel président catalan Carles Puigdemont, le vice-président Oriol Junqueras, soutenus par les anarchistes de la CUP. Pour ces derniers, le référendum est non négociable et tous les membres du gouvernement catalan doivent en signer la convocation. Ce qui aurait pour effet une suspension des institutions catalanes, Présidence, Parlement, Ministère de l’intérieur, qui passeraient sous la direction espagnole, et le référendum serait empêché quasi manu militari par les forces de l’ordre. Pour les « jusqu’au-boutistes », cela permettrait d’attirer l’attention internationale sur le conflit,  avec en plus des manifestations massives dans les rues de Catalogne, et pousserait le gouvernement, dos au mur, à autoriser le référendum.