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Podemos veut tenter de faire tomber le gouvernement espagnol

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Pablo Iglesias, le chef de Podemos, a annoncé ce matin au parlement de Madrid vouloir lancer une motion de censure, processus législatif qui permet de remplacer le chef du gouvernement.

« L’Espagne vit un état d’exception démocratique et subit un pillage public permanent avec un contrôle de la justice qui empêche les enquêtes sur les affaires de corruption. » C’est ce constant qui a poussé ce matin le parti Podemos à mettre en branle une motion de censure. Ce vote, qui n’a pas encore pour l’instant de date fixée, a pour objectif de faire tomber le gouvernement de Mariano Rajoy et de mettre en place un nouveau président espagnol.

Podemos va donc devoir dans les prochains jours trouver un candidat susceptible de prendre la place de Mariano Rajoy, si la motion de censure arrive à son terme. Ce ne sera pas chose évidente car le texte devra recueillir une majorité de 176 députés. Les 67 parlementaires de Podemos voteront en faveur, ainsi que les 4 députés de gauche radicale de Compromis. Podemos espère rafler le soutien des indépendantistes catalans et des nationalistes basques qui disposent de 24 sièges.

Néanmoins, pour que la motion de censure aboutisse, Pablo Iglesias devra réussir à convaincre au moins 81 des 85 députés socialistes. Et c’est mal engagé. Le porte-parole du PSOE Antonio Hernando accuse Podemos d’être de mauvaise foi avec cette motion de censure. Cependant, Pedro Sanchez, qui représente l’aile gauche du parti, a demandé aujourd’hui sur la radio Cadena Ser la démission de Mariano Rajoy. Enfin le parti centriste Ciudadanos rejette l’initiative qu’il qualifie de « cirque ».

La droite accablée par les affaires de corruption

Le parti gouvernemental (PP) est cerné par un affaire de corruption gigantesque qui touche ses anciens élus de la région de Madrid. L’ex-président de la région Ignacio González est incarcéré depuis une dizaine de jours et la figure historique du parti Esperanza Aguirre a quitté en début de semaine la vie politique.

Au-delà de affaires de corruption, Podemos tente de renverser le gouvernement car le parti estime qu’avec le PP au pouvoir, les gendarmes, les policiers, les magistrats et les procureurs ne peuvent exercer normalement leur travail autour des enquêtes concernant la corruption. Des menaces et des pressions permanentes mettraient en danger l’État de droit selon le parti de gauche radicale. La motion de censure sera votée avant la mi-mai.