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Comment draguer à Barcelone?

Une ville aussi grande et animée que Barcelone favoriserait les rencontres. Or, malgré les apparences, trouver l’amour ne serait pas si facile. De nombreux professionnels se donnent pour mission d’apprendre la séduction aux Barcelonais. 

Pour draguer et faire des rencontres, la capitale catalane ne manque pas de ressources. Avec son climat méditerranéen et son ambiance festive, les locaux dînent tard, sortent boire des verres ou font la fête toute la nuit. Si l’on ajoute les 1.608.746 habitants et les nouveaux arrivants quotidiens, ce ne sont pas les possibilités de rencontres qui manquent. Du côté des lieux, Barcelone comptait 5.140 bars en janvier 2016.

Parmi eux, certains ont fait de la drague leur spécialité en accueillant des speed datings. Une façon pour les célibataires de perdre moins de temps. Ces “rencontres rapides” permettent de voir plusieurs célibataires durant une même soirée, en discutant quelques minutes avec chacun. Par exemple, le site Uolala publie chaque semaine les différents rendez-vous organisés dans la capitale catalane. Sur meetup, de nombreux groupes pour célibataires existent également. Plusieurs entreprises en ont même fait leur fond de commerce et se dédient uniquement à l’organisation de ce type d’événement.

Faire appel à un coach de l’amour

Malgré les apparences, rencontrer de nouvelles personnes n’est pas si facile à Barcelone. Gemma Tió est ce qu’on peut appeler une professionnelle de l’amour. Cette psychologue a toujours eu l’habitude de faire l’entremetteuse dans sa vie personnelle. “Je suis très romantique, cela m’a toujours plu de faire ça” nous confie-t-elle. Depuis 4 ans, elle se charge des speed datings chez Bedazzling, et depuis 2 ans des slow datings. 

Pour elle, si on veut multiplier ses chances dans la capitale catalane, « on peut s’inscrire à des activités pour sortir de sa routine et surtout pour rencontrer des personnes qui ont les mêmes centres d’intérêts ». Elle explique que les personnes ayant des points communs ont plus de chance d’être compatibles. Quant au fait d’être expatrié à Barcelone, cela peut être un atout “bien entendu c’est au cas par cas. Mais par exemple, j’ai des profils d’universitaires, c’est-à-dire des personnes qui ont voyagé et qui aiment découvrir d’autres cultures. Certaines filles apprécient le côté exotique.”

Le slow dating, ou l’éloge de la lenteur

Pour aborder le sujet de la rencontre à Barcelone, il faut prendre en compte que “l’amour est en crise selon plusieurs sociologues” nous explique Gemma. “Aujourd’hui, nous avons perdu certaines valeurs, il y a moins de traditions, tout se fait dans la rapidité, les gens n’ont plus de patience”. Les rencontres seraient plus facile si nous avions « moins peur de perdre du temps ».

Durant ses coachings, elle apprend à ses clients à aller “plus lentement, pour prendre le temps de réellement se connaître”. C’est le principe du slow dating: “je présente toujours une seule personne à la fois, mes clients ne voient jamais deux personnes en même temps (…) mon objectif est qu’ils se connaissent réellement et qu’ils apprennent à être honnêtes, pour espérer dans le futur passer d’une aventure à un couple”. Tout d’abord, Gemma s’entretient individuellement avec chaque personne. Ensuite, la coach donne les numéros de téléphones respectifs aux deux personnes qu’elle pense être compatibles. Après ça, le couple potentiel doit l’informer de l’évolution, pour savoir si cela fonctionne ou non.

En plus de prendre le temps, il faut aussi apprendre à communiquer. “Par exemple, une femme qui envoie trop de messages peut être perçue comme une capricieuse par un homme, alors qu’elle souhaite simplement lui montrer de l’intérêt (…). Et si un homme ne répond pas à un message, une femme veut déjà être présenté à un nouveau sans lui demander pourquoi il n’a pas répondu”. La coach apprend individuellement à changer certaines attitudes.

Une école de l’amour

La quête d’un partenaire est prise très au sérieux. En Espagne, il existe même une école neuroscientifique de l’amour, basée à Barcelone, Madrid et Valence. Une première mondiale selon son directeur Miquel Iglesias. “Aux Etats-Unis, cette méthode est utilisée mais pas dans une structure comme la nôtre”. Interrogé par Equinox, il explique qu’il faut profiter de “ce que la science dit, d’informer les gens sur ce que donne la nature pour tomber amoureux.” L’école utilise des méthodes liées au Coaching de Synapse Interpersonnelle. Grâce aux neurosciences, le but est de savoir quelles sont les personnes compatibles. Concrètement, les participants réalisent le “Sinapsis Test” pour savoir quels sont les douze profils qui leur correspondent. A 197 euros le séminaire de deux jours, les participants sont plutôt des personnes ayant entre 35 et 45 ans exerçant une profession libérale, bien qu’il y ait des personnes entre 25 et 60 ans.

Plus que de trouver quelqu’un de compatible, l’école apprend aussi aux participants à mieux se connaître, à comprendre ce qu’ils souhaitent. “Il ne faut pas appliquer ce que la société nous dicte, il faut que chacun comprenne ce qui le rend attractif, nous donnons pas des conseils, mais des attitudes à adopter pour réussir à draguer (…). La façon de séduire varie selon les profils”. L’école souhaite donner les cartes pour y arriver car “nous sommes dans l’époque où le pourcentage de célibataires est le plus important, il faut donc développer des moyens”. Mais est-ce que tout ça ne manque pas un peu de naturel? Pour le professionnel de la rencontre, ces méthodes correspondent juste à une évolution naturelle, à une adaptation au contexte de la société.