Pourquoi n’y-a-t-il pas d’Orangina en Espagne?

Par le 20 septembre, 2017 Economie

On la reconnaît par sa forme originale. On l’apprécie pour la saveur de sa pulpe. Et on ne l’oublie pas grâce aux slogans de ses publicités. L’Orangina est une des boissons préférées des Français. Mais à Barcelone, impossible de la déguster.

En France, elle est la reine des terrasses de cafés. Depuis de nombreuses années, l’Orangina séduit grands et petits. Avec un important chiffre d’affaire, la marque est implantée un peu partout en Europe. À l’exception d’un pays, l’Espagne. Impossible de trouver la bouteille granuleuse et ronde dans les supermarchés, bars ou distributeurs. Et pourtant l’histoire de sa création se résume à une rencontre hispanico-française. Agustin Trigo Mirallès, pharmacien originaire de Valence, avait mis au point une boisson sucrée à l’orange qu’il avait baptisé Naranjina. À l’époque, il s’agissait d’un petit flacon avec pour bouchon une petite fiole. La bouteille contenait un concentré d’orange. Le consommateur n’avait qu’à verser une cuillerée dans un verre, rajouter de l’eau sucrée et renverser les quelques gouttes d’huile essentielle d’orange contenue dans la fiole. Séduit par le concept Léon Beton, propriétaire d’une orangeraie, négocie avec lui la propriété de la marque. Orangina voit le jour. Mais alors pourquoi la boisson n’est-elle pas fidèle à la terre de son créateur ?

Il y a quelques années, l’entreprise Orangina lance ses premières bouteilles en Espagne. Échec commercial. La boisson sera remplacée par « sa petite sœur » le fameux Trinajanrus. Une recette assez similaire. Et pour cause, le Trinajanrus a aussi été créé par le Valentinois Agustin Trigo Mirallès. Contactée par Equinox, l’entreprise Schweppes Suntory Espana, filiale d’Orangina Suntory France (propriétaire d’Orangina), nous a indiqué que l’Espagne n’avait jamais eu les autorisations nécessaires pour commercialiser la boisson.

Pourtant, de nombreux consommateurs réclament encore la commercialisation d’Orangina en Espagne. Sur Twitter, le compte officiel français de la marque est souvent alpagué par des fans désespérés.

Elisa Casson

Parisienne d'origine. Journaliste Equinox Magazine et Radio.