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Puigdemont: « L’Espagne est devenue une honte démocratique,le référendum aura lieu »

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Suite à la mise en garde à vue des principaux dirigeants du ministère de l’économie catalan, le président de la Catalogne Carles Puigdemont a eu des mots très durs envers le gouvernement espagnol. 

La tension est à son maximum aujourd’hui à Barcelone. Dans le conflit autour de l’organisation du référendum, le gouvernement espagnol a bloqué l’intégralité des comptes bancaires du gouvernement catalan. La mesure a pour effet d’empêcher les achats pour organiser le vote, mais au-delà, la Generalitat n’a plus aucune autonomie financière. Ce matin au cours d’une opération, la police espagnole a placé en garde à vue, les hauts dirigeants du ministère de l’économie, ainsi que différents membres des cabinets ministériels du gouvernement catalan. Des centaines de citoyens manifestent ce mercredi autour du ministère de l’économie bloquant la Rambla Catalunya, Gran Via et Laietana.

Carles Puigdemont a pris la parole à 12h30 pour faire une déclaration officielle, avec des propos que l’on n’avait jamais encore entendu dans la bouche d’un président de la Catalogne en fonction. Passant en revue les événements qui ont lieu depuis une dizaine de jours pour interdire le référendum : descente de police dans les journaux, fermeture des sites web de la Generalitat, perquisitions dans les imprimeries, violation du secret postal, blocage des comptes bancaires du gouvernement catalan et enfin détention des responsables du ministère de l’économie. Devant cette succession de faits, Carles Puigdemont considère que le gouvernement de Catalogne est suspendu. Qualifiant l’Etat espagnol de totalitaire et anti-démocratique, Puigdemont indique que « ce qu’est en train de vivre la Catalogne, aucun des pays européens ne l’a vécu ». Le référendum indépendantiste du 1er octobre n’en est pas pour autant annulé : « Jusqu’au 1er octobre nous avons besoin d’une attitude ferme et sereine en même temps. Mais le 1er octobre nous sortirons de nos maisons avec nos bulletins de vote et nous les utiliserons ».

Rajoy demande une rectification

De son côté le président espagnol Mariano Rajoy a déclaré ce matin que les séparatistes catalans « outrepassaient la loi » et que « l’Etat se devait de réagir ». Il a ajouté qu« aucun Etat démocratique au monde n’accepterait ce que proposent ces gens, ils étaient prévenus, ils savaient que ce référendum ne pouvait pas se tenir car ce serait balayer la souveraineté nationale et le droit de tous les Espagnols à décider ce qu’ils veulent que soit leur pays ». Le chef du gouvernement a demandé au président catalan Carles Puigdemont une « rectification ».

Plusieurs scénarios s’ouvrent désormais, dans ce qui est une des plus grandes crises politiques européennes: la tenue du référendum le 1er octobre qui sera probablement suivi d’une déclaration officielle d’indépendance. Dans le cas où le référendum n’aurait pas lieu, les séparatistes pourront quand même utiliser leur majorité absolue au parlement catalan pour proclamer l’indépendance, une option qui effraie particulièrement Madrid. Une arrestation par la police du président Puigdemont ou de ses ministres n’est plus aujourd’hui à exclure.