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Au coeur d’un bureau de vote : « L’Espagne a perdu la Catalogne »

Dans un bureau de vote situé dans le quartier El Born, le ton est à l’explosion de joie. Cris, larmes, selfies, le 1er octobre 2017 restera marqué à tout jamais dans l’histoire de la Catalogne. 

13h30 à Sant Pere Santa Caterina. Une foule immense. Tout au long de la rue, en file indienne, les Catalans viennent voter en masse. Une ambiance à l’opposé des violences effectuées ce matin par la Police Nationale et la Guardia Civil dans les bureaux de votes. Ici, l’heure est à la joie et à la liberté. Ensemble, ils chantent en chœur. Leur voix se transforment en un seul cri: « VOTAREM », nous voterons. Aujourd’hui, plus qu’hier, ce slogan résonne particulièrement. Au fond, deux Mossos d’Esquadra. Présents parce qu’il faut, mais sans grande conviction. Mains dans les poches, regards fuyants, ils laissent voter les indépendantistes.

À l’intérieur les gens s’animent pour prendre le fameux bulletin de vote. Muni de leur DNI, pièce d’identité obligatoire pour valider le vote, ils s’empressent de remettre leur bulletin dans l’urne. Sans jamais oublier la photo historique rendant l’action inoubliable. Venus en famille, les selfies vont bon train. Des jeunes, des couples, de retraités, des enfants, tous sont là pour écrire une nouvelle page de l’histoire d’Espagne. Leur histoire. D’autres ne se connaissent pas mais se serrent dans les bras, se félicitent, s’applaudissent.

 

Chaque vote comptabilisé est accompagné de cri de victoire. Une ferveur démocratique incroyable. Edouard, fonctionnaire de la Generalitat mais présent dans le bureau à titre volontaire assure que le vote se déroule comme à chaque scrutin électoral. Il avance qu’un millier de personnes votent toutes les heures dans les 9 urnes reparties dans son bureau. Il explique que tout le système informatique de la Generalitat fonctionne, et que le gouvernement catalan sera ce soir en mesure d’annoncer, les taux de participation, ainsi que le nombre de bulletins oui, non et blanc. Cet avocat de formation nous raconte que dans son bureau ce sont des gens majoritairement issus de la classe moyenne qui viennent voter.

Un seul regret, l’Europe

Certains ne peuvent contenir leur émotion et fondent en larmes. Un homme assis sur une chaise ne peut cacher ses yeux rouges. Il n’aurait raté ce jour pour rien un monde : « J’attends ce moment depuis six ans». Emu, il nous confie sa grande tristesse sur les événements violents de ce matin : « Il n’y a pas de mots pour dire ce qu’il s’est passé aujourd’hui en Espagne. Le gouvernement d’Espagne a fait très mal à la démocratie, à toute l’Europe. ». Déçu du comportement des politiciens européens qui donnent raison à Mariano Rajoy, l’indépendantiste avoue ne plus voir une Europe forte. Pour lui, l’Espagne a perdu la Catalogne pour toujours.

Ecoutez son témoignage :