Search for content, post, videos

Pour échapper à la justice, Puigdemont pourrait s’exiler en Belgique

Comme l’annonçait Equinox la semaine dernière, une des éventualités de Carles Puigdemont était de quitter l’Espagne afin d’échapper à la justice espagnole. Actuellement, l’ancien président se trouve à Bruxelles.

On parlait de Perpignan, mais dans les colonnes d’Equinox, on ajoutait semaine dernière que le président destitué pourrait tenter de demander un asile politique d’un pays tiers. Carles Puigdemont se trouve actuellement à Bruxelles, une information confirmée par le ministère de l’intérieur espagnol.

L’ancien président se trouve en compagnie de certains de ses ministres destitués : Joaquim Forn (interieur) , Meritxell Borràs (fonction publique), Antoni Comín (santé)  et Dolors Bassa (affaires sociales). C’est l’ancien délégué du gouvernement de Catalogne à Bruxelles, Amadeu Altafaj, lui aussi suspendu de ses fonctions qui a organisé le voyage. Puigdemont et ses anciens ministres sont partis en voiture jusqu’à Marseille et ont ensuite décolé pour Bruxelles.

Carles Puigdemont va-t-il réellement demander l’asile politique en Belgique, comme certaines sources indépendantistes le demandent, ou s’agit-il d’un énième coup de communication du président destitué ? Tout est parti d’une déclaration hier après-midi du ministre de l’immigration du gouvernement belge, Theo Francken, nationaliste flamand qui a offert sur Twitter l’asile politique à Carles Puigdemont. Une proposition aussitôt contredite par le premier ministre belge Charles Michel.

Cette proposition s’inscrit dans un contexte politique compliqué en Belgique. Le premier ministre dirige une fragile coalition avec six partis différents dont le mouvement du ministre de l’immigration, classé extrêmement à droite. A priori le premier ministre se retrouve entre deux feux. S’il accepte d’accueillir Puigdemont, il recevra d’énormes pressions de la part de l’Europe et de l’Espagne. S’il refuse, c’est sa coalition gouvernementale qui pourrait explosé, la Belgique ayant déjà battu un nombre de jours record sans gouvernement (195 jours).

Tous les ministres ne sont pas partis en Belgique, Oriol Junqueras, l’ancien vice-président et chef de la gauche républicaine (ERC) ainsi que l’ex-ministre de l’aménagement du territoire Josep Rull (PdeCat) sont toujours à Barcelone. Ils préparent les élections du 21 décembre auxquelles leurs deux partis ont annoncé aujourd’hui qu’ils participeraient.

Une lourde peine judiciaire

Selon certaines sources, l’ancien président chercherait à échapper à la justice, le procureur espagnol a avancé ce midi des accusations sévères contre les leaders indépendantistes. Les motifs de sédition et rébellion seront retenus. Le procureur demande une comparution en urgence du président, de ses ministres, de la présidente et du bureau du parlement. L’ancien président pourrait recevoir une peine de prison, assortie d’une caution de plus de 6 millions d’euros, qui lui permettrait de rester en liberté.

En tous cas, l’ancien président a quitté le pays, sans signer le décret donnant validité à la résolution de déclaration d’indépendance du parlement. Pour être très précis juridiquement, le parlement n’a jamais voté l’indépendance, mais une résolution ordonnant au gouvernement catalan de commencer la déconnexion avec l’Espagne. Le conseil des ministres catalans n’a jamais signé le décret devant faire suite à la résolution parlementaire. Ce qui explique que dans les faits aucune action concrète sur le terrain n’ait été prise, comme par exemple retirer le drapeau espagnol qui flotte encore sur le siège du gouvernement catalan plaça San Jaume. Si le gouvernement avait signé ce décret, cela aurait encore alourdi les charges judiciaires pesant sur les épaules des ministres.

La résolution du parlement votée par les députés demande au gouvernement catalan de mettre en place le processus constituent de la République.