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A. Castellà: « Franco, non plus, ne dialoguait pas avec la Catalogne »

À moins d’une semaine de la probable tentative d’investiture de Carles Puigdemont, Nico Salvado a rencontré pour Equinox au Parlement de Catalogne le député indépendantiste Antoni Castellà.

Photos:CO/Equinox

Ecouter l’interview en intégralité

Le parlementaire affirme ne rien savoir d’un possible retour de Puigdemont pour son investiture, cependant, il rappelle que c’était un engagement de campagne du candidat. Le leader indépendantiste explique que si la République catalane n’est pas en place aujourd’hui, c’est parce que l’État espagnol a réagi d’une manière violente ce que n’a pas voulu faire l’exécutif de Puigedemont. Castellà reconnaît que l’Espagne a gagné une bataille en utilisant la violence, mais ajoute que l’Histoire prouve qu’à moyen terme que cela se retourne contre les États qui ont utilisé la force.

Castellà opine également que la République catalane n’est pas effective parce que les structures d’État et le contrôle du territoire n’ont pas pu être exercés. C’est un objectif que fixe le député au prochain gouvernement catalan qui devra davantage préparer les infrastructures permettant de mieux concevoir la république, tout en élargissant la base indépendantiste. Castellà explique également que lors de la proclamation d’indépendance, il y avait deux secteurs dans le camp séparatiste. L’un qui voyait l’Espagne comme une démocratie qui n’emploierait pas la violence. Et un autre courant dans lequel s’inclut Castellà qui pense que l’Espagne n’est pas une démocratie solide car la transition a été dirigée par l’armée et que la violence était inévitable pour défendre l’unité de l’Espagne.

Au niveau européen, pour le parlementaire, il est normal qu’aucun pays n’ait reconnu la Catalogne dans la mesure où la Generalitat n’a pas réussi à contrôler le territoire. En revanche ce qui surprend Castellà, c’est qu’aucun pays européen ne se soit alerté du fait qu’il y ait très peu de différence entre la manière d’agir d’Erdogan en Turquie et de Mariano Rajoy en Espagne. La suite de la feuille de route indépendantiste pour Castellà passe par le pouvoir des urnes et du dialogue. Devant l’objection que Rajoy ne voudra pas dialoguer dans les mois à venir, Castellà qui est habitué aux punchlines, fait remarquer que Franco n’a jamais dialogué, ce qui n’a pas empêché que la dictature prenne fin car une majorité ne pouvait plus l’accepter.

Dans un parallèle, Castellà pose la question, que se passera-t-il s’il y a dans les prochains jours un gouvernement de Catalogne qui prend des décisions similaire à la feuille de route déjà mise en place. Castellà continue sa rhétorique « que se passera-t-il s’il y a des mesures judiciaires sur ce gouvernement et qu’un autre prenne la relève, et un autre et un autre… Comment fera l’Espagne pour se débarrasser de ça? L’État espagnol peut mettre trois homme politique en prisons, mais peut-t-il en incarcérer 3000 ? Ce n’est pas possible ». Là où l’Espagne a définitivement perdu la bataille selon Castellà, c’est que deux millions de Catalans ne se sentent plus espagnols. Prenant l’exemple de la France, le parlementaire argumente qu’un citoyen se sent français naturellement de par son appartenance et pas uniquement parce que le dit la Constitution. Ce qui n’est pas le cas selon lui des Catalans.

Concernant la situation économique, Castellà, qui vient du monde des entreprises, analyse que la situation économique est actuellement assez bonne. Les entités qui ont changé leur siège social de région ne sont que 500, ce qui n’a pas de réel impact économique selon lui. Et les changements ont été réalisés par des entreprises au carnet politique. Les grandes entreprises qui ont fait des modifications de siège social sont selon le député des dirigeants affiliés au pouvoir espagnol et qui l’ont fait dans un dessein politique. En conclusion, le parlementaire, bien placé pour devenir ministre dans le prochain gouvernement, affirme ne pas avoir peur et être prêt à assumer la responsabilité de ce qu’il est en train de faire.