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La chef indépendantiste de la CUP défie le juge et ressort libre du tribunal

independance catalogne

Mireia Boya, ancienne présidente du groupe parlementaire d’extrême gauche de la CUP, est la première responsable indépendantiste à sortir sans aucune restriction. Paradoxalement, elle est aussi la seule de ceux mis en examen à reconnaître que la République catalane est une réalité effective.

Deux poids, deux mesures. Le juge Pablo Llarena, a suivi ce matin les recommandations du parquet espagnol: aucune entrave à la liberté de l’ancienne présidente du groupe parlementaire d’extrême gauche indépendantiste de la CUP. C’est la première fois depuis le début du feuilleton judiciaire indépendantiste que le parquet se montre aussi laxiste. Implacable face aux responsables associatifs Jordi Sànchez et Jordi Cuixart qui sont en prison depuis quatre mois. Surdité face aux multiples demandes de remises en liberté de l’ancien vice-président Junqueras et de l’ex ministre de l’intérieur Joaquim Forn, le parquet a fait profil bas devant la responsable du parti antisystème.

D’autant plus surprenant, qu’alors que l’ensemble des représentants indépendantistes encore en prison ont reconnu que la déclaration d’indépendance était purement symbolique, Mireia Boya a défié le juge Llarena. Accompagnée de membres de son parti, l’ancienne parlementaire est arrivée devant le tribunal, le poing levé et a enregistré une vidéo devant le palais de justice pour expliquer qu’elle ne reconnaissait aucune légitimité à la justice espagnole, pas plus qu’au Tribunal constitutionnel. Une fois dans la salle d’audience, Boya a expliqué au juge que le processus indépendantiste était légitime et jouissait d’une légalité démocratique. La déclaration d’indépendance du 28 octobre n’était en aucun cas symbolique a-t-elle ajouté devant le juge. Elle a refusé de répondre aux questions du parquet.

Stratégie du tribunal

De fait, Mireia Boya est l’unique mise en examen à ne subir aucune mesure, ni confiscation de son passeport, ni demande de caution. La non remise en liberté des responsables associatifs Jordi Sànchez et Jordi Cuixart après cette décision suscite un énorme sentiment d’injustice dans le camp indépendantiste. La CUP a poussé de toutes ses forces, avec son groupe de dix députés, la déclaration d’indépendance. La justice est aveugle, mais pas sourde au bruit médiatico-politique autour du processus indépendantiste.

On verra dans les prochains jours si une stratégie se cache derrière cette absolution de la CUP. Les responsables des partis ERC et PDeCAT, Marta Rovira et Marta Pascal, ainsi que l’ancien président Artur Mas sont eux aussi convoqués devant le Tribunal suprême la semaine prochaine. Il sera intéressant de noter si tous bénéficient de la même indulgence de la part du juge et du parquet. Auquel cas, on pourra penser que le tribunal veut calmer le jeu et cesser d’être accusé de faire des prisonniers politiques. En revanche, si les mesures infligées sont autrement plus sévères que celles dont bénéficient la CUP, on pourra se demander si le parquet espagnol ne cherche pas à diviser le camp indépendantiste frappant de toutes ses forces l’establishment et caressant avec un gant de velours avec les antisystèmes de la CUP.