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Voter aux élections municipales de Barcelone

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Les 50 000 Français de Barcelone sont invités aux urnes le 24 mai prochain pour choisir leur maire.

Pourquoi les Français peuvent-ils voter ?

Grace un accord passé entre tous les pays de l’Union européenne, les Français résidents dans un pays de l’union bénéficient du droit de vote aux élections municipales et européennes. Par conséquent, les Français pourront choisir le maire de Barcelone dans les mêmes urnes que les Espagnols. Pour bénéficier de ce droit , vous devez être inscrit sur les listes électorales en ayant présenté votre padrón et remplir les conditions d’âge et de capacité juridique.

Pour qui voter ?

Xavier Trias (CIU) : L’équilibriste

Xavier Trias est le maire sortant, candidat à sa propre succession. La CiU traverse en ce moment une grave crise liée au débat interne sur l’indépendantisme. En effet, CiU est une confédération historique entre deux partis. D’une part, Convergencia de Catalunya avec à sa tête le président de la Catalogne Artur Mas qui est favorable à l’indépendance catalane. Problème : son parti Convergencia est associé a Unió Democràtica de Catalunya du député Duran Lleida qui est fortement opposé au processus indépendantiste. Pour le moment, les deux partis cohabitent tant bien que mal au sein de CiU mais cette situation crée de nombreuses tensions. Cependant Xavier Trias tente de décrocher un second mandat pour diriger Barcelone.

On pourrait définir Xavier Trias comme l’homme de la synthèse, certains diront du grand écart permanent. Le candidat de la CiU est parti en guerre contre le bruit et les nuisances sonores festives. Un fléau qui est dénoncé par de nombreux Barcelonais et l’ensemble des partis d’opposition du conseil municipal. La conseillère d’arrondissement du centre-ville Mercè Homs i Molist, très proche de Trias, a appelé à la tolérance zéro contre le bruit et les incivilités. Mais pour ne pas perdre son image “branchée”, le maire juge bon de s’afficher dans des lieux qui exaspèrent les fameux “voisins” de Barcelone, comme le festival Picnik électronik largement soutenu par la Mairie de Barcelone, et qui avait totalement dégénéré en 2013 lors de sa dernière édition nécessitant une intervention de la brigade mobile de los Mossos (l’équivalent des CRS français). Une pétition de 400 voisins de Poble Sec ont demandé à Xavier Trias la suppression de ce festival, trop proche du centre-ville qui cause des nuisance dès le dimanche matin jusqu’à tard dans la nuit de juin à septembre. Ce qui n’a pas empêché le maire de Barcelone de venir poser en photo l’année suivante lors de la nouvelle édition du festival polémique toujours promu par la Mairie. De quoi  déboussoler les électeurs-voisins qui attendaient la fameuse tolérance zéro promise contre le bruit et les incivilités.

Autre grand écart de Xavier Trias, c’est celui de sa position sur l’indépendance. Difficile d’être le premier édile d’une ville monde, cosmopolite comme Barcelone et en même temps  se trouver dans un parti indépendantiste. Toujours dans une synthèse surprenante, Xavier Trias a trouvé une solution avec une formule choc No soy independentista, pero votaré independencia (Je ne suis pas indépendantiste mais je voterai l’indépendance” NDLR). Il faut dire que Xavier Trias gouverne la ville avec une majorité CiU très relative de seulement 14 sièges sur 41. Ce qui oblige le maire à demander le soutien des 9 conseillers municipaux du Partido Popular pour obtenir une majorité lors des differents votes. Au vu des positions fermes du PP contre l’indépendance, on comprend mieux les grands écarts de langage indépendantiste de Xavier Trias.

Paradoxalement, ce profil modérè de Trias peut lui permettre de conserver les votes de la classe moyenne de la ville habituée à voter CiU. Le maire sortant peut aussi s’appuyer sur des événements à succès comme le Mobile World Congress ou des  rénovations urbanistiques réussies comme celles de Balmes, de la Diagonal, du Paseo de Gracia et du Paseo San Juan. Pour l’instant, selon les sondages, 14% des électeurs se porteraient sur X.Trias.

Alfred Bosch (E.R.C.) : Doublé sur sa gauche

Esquerra Republicana, c’est le parti indépendantiste historique de Gauche Catalane. Esquerra vote les budgets au parlement catalan afin de soutenir relativement le président Mas, mais le parti a réussi à négocier des élections anticipées pour designer un nouveau gouvernement catalan en septembre prochain. Contrairement aux souhaits d’Artur Mas, ERC a refusé une liste commune CiU/ERC afin de faire un plébiscite indépendantiste. En revanche, ERC souhaite déclarer l’indépendance d’une manière unilatérale sans l’accord de Madrid si les forces indépendantistes obtiennent la majorité absolue au parlement de Catalogne. Projet rejeté par Artur Mas. Cet imbroglio de guerre des chefs pour l’indépendance pourrait avoir un écho défavorable sur la candidature d’Alfred Bosch à la Mairie de Barcelone. Bien que Bosch soit un homme politique habille et médiatique, il risque de souffrir largement de la coalition des gauches  de “Barcelona en Comú”. Bosch serait un partenaire potentiel pour donner une majorité à Trias, mais un mauvais score de ERC actuellement crédité de 9 points pourrait faire perdre la mairie à la CiU.

+ L’interview exclusive d’Alfred Bosch sur Equinox Radio Barcelone

Ada Colau (Barcelona en Comú ) : La coalition gauchiste

 C’est la surprise de cette pré-campagne, une union des gauches radicales sous la houlette de Ada Colau qui porte le nom de Barcelona en Comú . Ada Colau est une activiste qui s’est rendu célèbre dans sa lutte contre les expulsions de propriétaires ne pouvant plus faire face à leurs hypothèques au sein de la plateforme P.A.H.
Barcelona en Comú se présente à la Mairie de Barcelone avec une coalition regroupant l’ensemble des partis de la gauche alternative : Iniciativa per Catalunya Verds (les Verts), Equo, Esquerra Unida i Alternativa, Procés Constituent a Catalunya i Podem (la version catalane de Podemos, le parti de Pablo Iglesias).
Cette coalition frôle selon les sondages les 20 points ce qui représente un véritable séisme politique en devenant le parti le plus voté. Leur programme sous le terme de manifeste est évidement dans le pure style de l’extrême-gauche qui appelle à une “révolution démocratique” ayant pour but de mettre un terme au cumul des mandats, limiter les salaires et les charges, établir des mécanismes efficaces de contrôle des responsables publics.

Alberto Fernández : L’ombre du PP

Peu à peu, le Partido Popular est en train de (re)disparaitre de Barcelone et de la Catalogne. Le candidat du parti de Mariano Rajoy est crédité selon les sondages d’un microscopique 1.5%. Le PP catalan paierait l’impopularité de Rajoy et se ferait aspirer ses électeurs par Ciutadanos. Un bémol toutefois car certains observateurs avancent l’hypothèse que de nombreux électeurs traditionnels du PP pourraient s’abstenir lors de sondages pour montrer leur mécontentement, mais au dernier moment dans l’isoloir face à la peur de la montée de l’indépendantisme et/ou de l’extrême gauche pourraient finalement glisser un bulletin PP et faire mentir les sondages.

Carina Mejías (C’S) : L’arbitre ?

Ciutadanos il y a quelques années était regardé avec un peu de mépris par la classe politicienne. Pour ce faire connaitre le leader du parti Albert Rivera avait posé tout nu sur une affiche électorale. A l’époque, l’Espagne était cannibalisée par le bi-partisme PSOE / PP et les regards catalans étaient rivés sur ERC et CiU. Quelques années plus tard, la crise a redistribué les cartes politiques et, avec Podemos, Ciutadanos parait être l’un des bénéficiaires.  D’un point de vue français, on a du mal à définir le positionnement de  Ciutadanos sur l’échiquier politique. Parti très à droite avec des relans franquistes pour certains, au centre pour d’autres, voir même socialiste chez certains observateurs. Résolument anti-indépendantiste, plus social que le parti de Rajoy, relativement conservatrice, l’ancienne député du PP Carina Mejías pourrait capter des électeurs déçus de ce  parti  et avoir un coup à jouer dans le scrutin. Elle est créditée pour l’instant de 3,5 % des suffrages.

+ L’interview exclusive de Carina Mejias sur Equinox Radio Barcelone

Jaume Collboni en campagne sur les ruines du PSC

Jaume Collboni paie la triple addition. La gestion calamiteuse de Barcelone par le Maire PSC Jordi Hereu ( 2006-2011), la non-moins gestion ratée du triparti PSC-ERC-ICV à la tête de la Generalitat durant les années Montilla. Et enfin l’addition la plus salée pour Collboni est celle de la double fracture sur le débat indépendantiste :  fracture interne du PSC, ajoutée aux relations compliquées entre les socialistes catalans et le PSOE national. Jaume Collboni essaie de jouer sa carte du fédéralisme en proposant que Barcelone devienne la seconde capitale de l’Espagne, avec Madrid. Pas sûr que ce type de proposition rende plus lisible le discours du PSC. Aujourd’hui, la candidature de Collboni  rassemblerait un peu plus de 9% des voix.

 Dans les semaines à venir, l’intégralité des candidats en lice seront interviewés dans le Cercle le lundi à 22h sur Equinox Radio Barcelone.