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Ada Colau : “Je suis ici pour pacifier Barcelone”

Ultime interview de notre série d’émissions Le Cercle spécial Municipales de Barcelone : la très médiatique Ada Colau, leader de la coalition de partis de gauche Barcelona en Comú. La candidate était l’invitée d’Equinox Radio ce lundi 27 avril.

Ada Colau, connue du grand public depuis 2006 avec ses actions au sein de la V de Vivienda et de la PAH, se défend d’être une “indignée professionnelle” mais souhaite plutôt “illustrer une bonne nouvelle, celle de la co-responsablite citoyenne, en tentant d’améliorer les relations entre tous“.

Ada Colau sur Equinox Radio

ada colauAda Colau, qui avait déclaré ne pas vouloir faire de politique il y a quelques années, affirme s’être lancée dans la bataille car le pays est “dans une situation exceptionnelle“. Une situation qu’elle illustre avec les thèmes fétiches de l’extrême gauche : crise économique, politique, sociale, le tout sur fond de corruption. Elle réfute cependant l’idée de vouloir être une politique professionnelle, notant qu’elle a refusé des investitures de différents partis. Elle ajoute que “la politique est une voie de plus pour faire changer les choses, ce n’est pas la seule voie“.

Ada Colau rejette l’étiquette extrême gauche, ajoutant qu’elle rassemble des votants de tous les partis, notamment des personnes n’ayant jamais voté de leur vie. Elle se vante par ailleurs de ne pas faire une politique politicienne de sigles (en référence au PP, PSC, CiU ou ERC). Cependant avec le système électoral espagnol, il lui faudra forcément une alliance pour gouverner. La plus probable coalition serait avec la gauche républicaine d’ERC et les socialistes catalans. Cependant sur Equinox Radio Barcelone, Ada Colau déclare qu’en cas d’alliance, elle ne mènerait, en tant que maire, ni la politique d’ERC, ni une politique socialiste, mais son programme qu’elle s’est engagée à tenir devant ses électeurs, et qu’elle pourrait imposer facilement, pense-t-elle, car ces deux partis “ne veulent que le pouvoir“.

Ada Colau surfe-t-elle sur la corruption? Plus il y a d’affaires de corruption, plus elle monte dans le sondage? Ecoutez sa réponse en podcast :

Le candidat de droite (PP) Alberto Fernandez Diaz avait comparé sur Equinox Radio Podemos au Front National. Ada Colau répond sèchement que “c’est une aberration, une banalisation des thèses fascistes, et penser que tous les citoyens sont des ignorants et des incultes“. Cependant la rédaction d’Equinox Radio note qu’un certain nombre d’analystes ou de journalistes à travers le monde ont fait la comparaison. Elle réfute au passage avec les Grecs de Syriza au prétexte qu’il s’agissait d’une coalition de partis, alors que Podemos est un nouveau mouvement.

La candidate de Barcelona en Comú, qui a longtemps prôné la désobéissance civique, explique qu’elle est nécessaire en Espagne, car “la législation est raciste, créant des citoyens de première et de seconde zone, avec et sans papiers”. Elle explique par ailleurs que le programme de Barcelona en Comú ne promeut pas la désobéissance civile mais la démocratie et les droits de l’homme.

Ada Colau affirme que Barcelone était aux mains des lobbies, des marchés financiers et de la mafia. Ecoutez son explication pour “récupérer Barcelone”:

Sur le plan de la sécurité, Ada Colau juge que Barcelone est une ville sûre et que la principale source d’insécurité vient des inégalités. Elle précise que ces quatre dernières années, la différence entre les 10% les plus riches de la population barcelonaise et les 10% les plus pauvres a augmenté de 40%. Elle ajoute que la fracture sociale peut freiner les investissements étrangers. Au sujet de la Guardia Urbana, la candidate emploi le terme de très fort de “transformer” la police locale en une police de proximité.

Concernant le débat indépendantiste, Ada Colau refuse de se positionner, expliquant qu’elle ne veut pas l’indépendance à n’importe quel prix, qu’elle ne veut pas une indépendance menée par la CiU qui selon elle n’est “ni pour la démocratie ni pour le droit à décider“.

La candidate de gauche souhaite que les Français qui résident à Barcelone s’approprient leur ville. C’est d’ailleurs l’unique candidate qui n’a pas fait la différence dans son discours entre les Français de Barcelone et les autres habitants de la capitale catalane.

Écouter le podcast integral de l’interview d’Ada Colau sur Equinox Radio Barcelone