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Les routes catalanes en jaune pour l’arrivée des indépendantistes incarcérés

Les militants indépendantistes remplissent de jaune les routes près de Barcelone qui mènent aux prisons dans lesquelles seront détenus les politiques catalans.

Les membres de l’ancien gouvernement de Carles Puigdemont, l’ex-présidente du parlement et les responsables associatifs seront placés demain dans des prisons locales. Incarcérés à Madrid pour la plupart depuis le mois de novembre suite à la déclaration d’indépendance, les prisonniers ont obtenu le feu vert du ministère de l’Intérieur espagnol et du juge instructeur de l’affaire Pablo Llarena pour se rapprocher de leur famille.

Poursuivis pour rébellion et risquant 30 ans de prison, les chefs catalans resteront en détention préventive jusqu’à leur procès qui aura lieu à l’automne. Les hommes dormiront désormais dans la prison de Lledoners à Sant Joan de Vilatorrada, à une heure au nord de Barcelone. Les femmes seront dans la prison de Puig de les Basses à Figueres, commune proche de la frontière française.

On ne connaît pas exactement l’heure d’arrivée des prisonniers pour des raisons de sécurité. Un premier groupe masculin est arrivé dans la journée à la prison de Saragosse, d’où ils partiront probablement dès l’aube pour être placés à Barcelone. Les prisonnières féminines sont encore à Madrid, au même titre que les anciens ministres Turull, Rull et Forn. Ils devraient arriver au fur et à mesure en Catalogne.

Des gardiens de prison inquiets

En attendant l’arrivée des prisonniers, les routes de Catalogne se remplissent de jaune. Les indépendantistes utilisent cette couleur depuis octobre pour protester contre les incarcérations. Des activistes peignent les routes qui mènent aux prisons en jaune, inscrivent le nom des prisonniers et accrochent des rubans dans les arbres.

Une polémique sur les conditions d’incarcération a été déclenchée. Les conservateurs du Partido Popular et de Ciutadans, accompagnés d’une partie de la presse madrilène, dénoncent un marchandage entre le nouveau gouvernement socialiste et les indépendantistes qui ont voté favorablement pour Pedro Sánchez lors de la motion ayant fait chuter Mariano Rajoy. La droite espagnole anticipe un traitement de faveur des politiques dans les prisons barcelonaises qui sont gérées par le gouvernement de Catalogne.

Ce matin sur Catalunya Ràdio, la ministre catalane de la justice, l’indépendantiste Esther Capella, assurait que les prisonniers ne demandent pas de passe-droit et fait confiance au professionnalisme des personnels pénitentiaires. Les gardiens de prisons sont justement inquiets de l’arrivée des chefs catalans. Selon des témoignages cités par le journal NacióDigital, les personnels pénitenciers de Lledoners et Les Basses sont stressés de peur d’être harcelés par une certaine presse les traitants de laxistes, tandis que certains secteurs de l’indépendantisme pourraient au contraire demander de la souplesse aux gardiens. Les autres détenus de ces prisons n’ont pas été informés de l’arrivée des responsables indépendantistes, pendant que les gardiens se plaignent d’être déjà sous le feu de la rampe. Lledoners et Les Basses risquent en effet de devenir des lieux de pèlerinages indépendantistes.