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Légendes et secrets des vieux bancs de Barcelone

Le long du Passeig de Gràcia, l’une des plus grandes avenues de Barcelone, les passants peuvent admirer 32 bancs-réverbères d’inspiration moderniste, construits au début du XXe siècle par Pere Falqués. Leur histoire cache quelques secrets.

Les bancs-réverbères du passeig de Gracia ressemblent à s’y méprendre aux œuvres du célèbre architecte Antoni Gaudi. La promenade est renommée pour regrouper 23 édifices modernistes classés. Parmi tous ces bâtiments, 32 bancs-fanaux, sont disposés le long de l’avenue.

Ils sont l’œuvre de l’architecte Pere Falqués i Urpí qui est devenu architecte de la ville adjoint en 1889 après avoir remporté le prix « Lluís Domènech i Muntaner » de la meilleure conception moderniste.

Très souvent, ces bancs sont associés à l’œuvre de Gaudi. Cela est dû au fait que les deux architectes utilisaient une technique emblématique du modernisme architectural, le « trencadis » en catalan. Ce qui consiste à réaliser une mosaïque à partir de fragments de céramiques mélangés avec du ciment. Les bancs de Falqués sont composés de ce matériau. Ils sont aussi de forme ondulée et ronde, ce qui rappelle l’influence de Gaudi.

Détails

Les réverbères réalisés en fer forgé sont d’inspiration Art nouveau franco-belge. Ils ont été fabriqués selon la technique du coup de fouet qui permet de faire prédominer les courbes sur les lignes droites.

À première vue, on ne remarque pas que sur chacun de ces réverbères se cache une chauve-souris. Elle est située au sommet de chaque structure. Tous les bancs-réverbères sont aussi ornés du blason de la couronne de l’Aragon, et de celui de la ville de Barcelone. Ces symboles sont une référence au roi Jaume I ou Jacques Ier, qui fut roi d’Aragon et Conte de Barcelone au XIIIe siècle. La légende dit que distrait par une chauve-souris, il fut surpris par une progression inattendue de ses ennemis.

Polémique

Inaugurés en 1906, ces bancs n’ont toutefois pas connu un succès immédiat alors qu’ils sont aujourd’hui photographiés par les touristes du monde entier. À l’époque, la population a eu du mal à accepter les édifices au style moderniste et surtout les bancs de Falqués.

Certains jeunes artistes annonçant le retour au classicisme, à une esthétique symétrique, ont ridiculisé ces bancs en publiant une série de dessins. Ismael Smith, par exemple, a mis en scène les plaintes des habitants se désespérant que les tempêtes de neige de l’hiver 1906 n’aient pas emporté les bancs-réverbères.