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L’histoire du W, l’hôtel le plus controversé devenu emblème de Barcelone

L’hôtel W, ce 5 étoiles présent sur le front de mer barcelonais, peut être aujourd’hui considéré comme un emblème de la ville. Dix ans après sa création en 2009, l’hôtel de luxe tente de se réinventer en redessinant son hall d’entrée ou en rénovant ses suites les plus prestigieuses. Retour sur le parcours polémique d’un hôtel devenu l’un des symboles de Barcelone.

Le bâtiment, qui fait partie de la chaîne d’hôtel Marriott International, atteint 98,8 mètres et domine ainsi le littoral urbain de Barcelone. Pourtant, sa hauteur initialement prévue était de 179 mètres, presque le double. La Mairie avait alors contraint l’architecte à modifier le projet pour ne pas modifier davantage le littoral. Le résultat final compte 27 étages et 473 chambres.

En complément du bâtiment principal, une sculpture a été installée sur la place de La Rosa de los Vientos, nommée Las cuatro barras de la señera catalana, en hommage au drapeau catalan. Elle se constitue en effet de quatre colonnes de 6 mètres de haut, en rappel aux quatre bandes rouges.

Hôtel W quatre colonnes

L’hôtel W Barcelona, surnommé l’hôtel Vela (qui signifie voile en espagnol) surplombe le littoral barcelonais. Dessiné par l’architecte postmoderniste Ricardo Bofill, sa construction a autant enthousiasmé les promoteurs et les autorités qu’agacé les voisins de la Barceloneta. Bien que Bofill affirme que le bâtiment « surgit de manière naturelle » et « présente une géométrie simple, subtilement ouverte à la mer », il n’a pas plu à la majorité des habitants du quartier.

Un début polémique

De nombreuses associations ont notamment dénoncé l’illégalité du projet, réalisé grâce à la privatisation de terrains appartenant au domaine public. Interrogé sur la proximité du complexe hôtelier avec la mer, le conseiller municipal Jordi William Carnes s’était limité à répondre que le W « est un nouveau défi pour le XXIe siècle et pour la modernité ». Outre la déformation visuelle de la plage, les habitants craignaient une augmentation des prix de l’immobilier. Ils dénonçaient également la contradiction de créer un hôtel à l’embouchure d’un port malgré la Loi des Côtes, qui interdit de construire à 100 mètres de la plage. Malgré des manifestations coup de poing et des recours en justice, le projet n’a pas été interdit.

hotel W

Il était notamment soutenu par l’APB (Autorité Portuaire de Barcelone), alors gouvernée par le parti de droite catalane CiU. L’organisme avait seulement demandé à Bofill de reculer le bâtiment de 20 mètres lors de la présentation du projet, afin de respecter la Loi des Ports qui interdit la construction d’édifices à moins de 20 mètres de la ligne de la mer.

L’hôtel a donc vu le jour, entre l’enthousiasme médiatique suscité par la nouveauté architecturale et le mécontentement des voisins devant les changements qu’il engendrerait.

10 ans après, se réinventer

L’hôtel fait désormais partie du paysage côtier de Barcelone. Reconnu internationalement, d’autres « imitations », ainsi désignées par l’architecte Bofill, ont vu le jour, notamment à Dubaï ou au Royaume Uni. Aujourd’hui pleinement intégré au littoral, l’hôtel offre les meilleures vues sur les plages de la ville. Pour attirer de nouveaux clients, l’édifice a subi de nombreuses transformations au cours des derniers mois. Les suites les plus luxueuses ont été intégralement rénovées. L’étude londonienne Bowler James Brindley s’est chargé de transformer la Extreme WOW Suite, la suite la plus coûteuse. Pour cela, il s’est à la fois inspiré des influences artistiques et culturelles de Barcelone tout en s’appuyant sur l’incroyable vue qu’offre la chambre.

« Le nouveau luxe est l’espace, la lumière et les vues », a expliqué James Brindley lors de son inauguration. Parmi les changements qu’offre l’hôtel, un nouvel espace de traitements et de services SPA a également été créé, nommé Gateway. Nul doute que le bâtiment compte bien tirer profit de la hausse constante du tourisme à Barcelone.