Pollution: la maire de Barcelone part en guerre contre le port et l’aéroport

par Rédaction Equinox
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Ada Colau propose une batterie de mesures pour limiter les effets de la pollution provenant du port et de l’aéroport de Barcelone. Les actions devront être menées de concert avec le gouvernement espagnol, la mairie ne possédant que des compétences limitées en la matière. 

La première mesure présentée par Ada Colau est symbolique : les conseillers municipaux de son parti n’auront plus le droit de voyager en avion pour se rendre à Madrid. Une action qui frappera également les hauts fonctionnaires de la ville et les agences municipales. Ada Colau veut ainsi montrer l’exemple au grand public. La maire se déclare favorable à l’élimination des vols courts ayant une alternative en train, comme le pont aérien avec Madrid. Cependant, la mairie n’a pas le pouvoir de mettre en oeuvre cette mesure, seuls l’autorité aéroportuaire AENA et le gouvernement central espagnol le peuvent.

Augmenter les prix des billets d’avion

La formation d’une coalition de gauche plurielle en Espagne, de la même couleur politique que l’équipe municipale de Barcelone, pourrait permettre aux deux institutions de travailler main dans la main. En ce sens, Ada Colau souhaite activer le levier fiscal pour pénaliser les pollueurs. La maire de Barcelone propose que les prix de billets d’avion ou de croisière augmentent significativement à l’aide d’une taxation plus forte.

Dans le cas de l’aéroport, le Consistoire veut travailler avec l’État espagnol pour éliminer les exemptions d’impôts sur le kérosène, à la fois sur les vols intérieurs et dans l’espace aérien de l’Union européenne. Une pratique déjà répandue dans des pays comme le Japon ou les États-Unis, pour leurs vols internes. Concernant le port, la mairie propose une fiscalité environnementale qui pénalise les navires les plus polluants, dont les détails restent encore à préciser.

Le tout électrique

Si le consommateur doit mettre la main à la poche pour sauver la planète, la mairie demande que l’État participe également à l’effort. Notamment en ayant une politique d’équipement et d’aménagement du territoire plus écologique et responsable. Ada Colau plaide pour l’électrification de l’aéroport et du port et la génération d’énergies renouvelables. Il faudra électrifier les flottes terrestres de l’aéroport et installer plus de 400 000 mètres carrés de panneaux solaires.

L’électrification devra également concerner la flotte de taxis et de bus barcelonais selon les experts de la mairie. Rendre propre les Aerobus et la gestion des parkings avec des critères environnementaux est une priorité de la mairie. Le conseil municipal propose par ailleurs de pénaliser les usagers qui stationnent leur véhicule à l’aéroport. Même combat pour le port, avec l’électrification des navires et des entreprises qui y opèrent. Notamment au niveau des engins terrestres et les flottes captives pour minimiser les émissions.

Réduire le nombre de croisières

Le gouvernement municipal a mis sur la table une promesse historique d’Ada Colau formulée depuis 2015: la réduction du nombre de navires et de croisières faisant étape dans la ville. La mesure affecterait l’économie du port de Barcelone. L’idée serait de réduire le nombre de terminaux, en inversant la tendance actuelle d’augmenter sans cesse sa capacité opérationnelle.

Selon les données de la mairie de Barcelone, le port émet un total de 5,3 tonnes de CO2 par an et l’aéroport El Prat 7,6 millions. Soit un total de 12,9 tonnes de CO2 par an, quatre fois le total des émissions touchant la ville de Barcelone.

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