Plaça Reial : les secrets de cet emblème barcelonais

par Karim Joutet
Publié le Modifié le

Federico Correa, architecte catalan clé des Jeux Olympiques de Barcelone, est décédé le 19 octobre 2020. Il a considérablement contribué à la transformation de la ville, notamment en restaurant la Plaça Reial dans les années 80.

Retour sur l’histoire de cette place devenue l’un des symboles de Barcelone par Karim Joutet, fondateur de l’école Espagnol Pas à Pas.

La naissance de la Plaça Reial

L’aspect de la place est trompeur pour de nombreuses raisons… Tout d’abord, elle est inspirée du style des places néoclassiques françaises du XVIIe siècle. Pourtant, elle ne commence à être construite qu’en 1848 sous l’impulsion de l’architecte catalan Francesc Daniel Molina.

Située en plein cœur du quartier gothique, elle occupe la place de l’ancien couvent des Capucins de Santa Madrona, disparu comme d’autres édifices religieux lors de la sécularisation des bien ecclésiastiques vers 1835. Le couvent laissant place à un terrain vague, l’architecte s’approprie les lieux pour y édifier une place luxueuse à la gloire de la monarchie.

La forme de la place est aussi trompeuse… Lorsque le visiteur s’y promène, tout laisse à penser qu’il s’agit d’une place carrée ou rectangulaire : le rez-de-chaussée composé d’arcades et les façades ornées de motifs classiques, de bustes de navigateurs et d’explorateurs américains. Pourtant, sa forme est trapézoïdale.

La touche moderniste

Peu d’emblèmes de Barcelone échappent au modernisme : c’est le cas de la Plaça Reial. Les plus observateurs d’entre nous auront remarqué la présence de lampadaires très originaux sur la place. Ils ont été conçus par Antonio Gaudí qui a voulu imiter les ramifications d’un arbre. Les lumières sont soutenues par un pied de marbre noir sur lequel sont présents des serpents entremêlés, symboles du dieu Mercure, protecteur du commerce, l’une des activités les plus importantes de Barcelone.

Plaça Reial

Ce modèle devait remplacer l’ensemble des lampadaires de la ville. Le projet n’a pas pu être concrétisé en raison du coût trop élevé des œuvres de Gaudí.

La French touch

Un Français a laissé son empreinte sur la place catalane : il s’agit d’Antoine Durenne. Il a créé plusieurs œuvres architecturales en Espagne, notamment à Málaga et Huesca.

À Barcelone, il contribue à l’édification de la place en édifiant la fontaine qu’il place à son centre en 1876 : la fontaine des Trois Grâces. Il s’agit d’un ensemble de fer forgé fabriqué dans les ateliers Durenne de Paris.

Une place mythique

De grands noms ont habité cette place, comme le chanteur Lluís Llach ou le philosophe Francesc Pujols. Dans les années 80, elle subit quelques dernières transformations. En effet, les architectes Frederic de Correa, décédé le mois dernier, et Alfons Milà l’ont modelé en y ajoutant notamment ses exotiques palmiers.

barcelone centre-ville

Pensée à son origine comme un lieu de repos et de grandeur pour la société bourgeoise catalane, la place est devenue aujourd’hui un spot touristique incontournable de la ville et un lieu de fête pour locaux et expatriés. La nuit tombée, ses pavés sont foulés par de jeunes fêtards qui se rendent dans les nombreux bars et discothèques situés sur et sous la place. Le dimanche, vous pouvez habituellement y retrouver le célèbre marché aux pièces et aux timbres.

Notre coup de cœur : le restaurant Ocaña

Ouvert depuis 2012, ce restaurant a reçu son nom en hommage à José Pérez Ocaña. Figure mythique de la Barcelone des années 70, travesti et militant homosexuel, il a vécu 12 ans sur la place. Situé aux numéros 13 et 15, il vous permettra de voyager à la belle époque !

LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE

Accepter la politique de confidentialité. Accepter Lire plus

Normes légales