Face aux blocages administratifs français, Renfe renonce à son projet de TGV vers Paris

tgv paris barcelone

La compagnie espagnole, qui espérait proposer des TGV vers Paris depuis 2023, a fini par renoncer face aux difficultés administratives françaises. 

C’était un projet phare pour la Renfe et une bonne nouvelle pour les utilisateurs français. L’opérateur espagnol avait fait son entrée sur le marché français en 2023 en proposant une alternative moins chère que la SNCF, avec des offres de lancement à 9 euros. Pris en avance, on peut encore trouver des billets Barcelone-Lyon à 50 euros et des Madrid-Marseille à 80 euros.



L’entreprise espagnole pensait enchaîner quelques mois plus tard avec la liaison Lyon-Paris puis Barcelone-Paris, actuellement uniquement opérée par la SNCF. Mais c’était sans compter sur les dédales administratifs français. « On arrête pas de nous mettre des bâtons dans les roues, la SNCF fait tout ce qu’elle peut pour nous ralentir », nous confiait déjà en 2023 un cadre de la Renfe. En cause : des problèmes d’homologation de trains, pourtant spécialement achetés et adaptés au marché français. Deux ans plus tard, l’entreprise jette l’éponge.

Deux pays, deux visions de la concurrence

« Nous avons décidé de renoncer temporairement au projet d’extension jusqu’à Paris en raison des difficultés accumulées dans le processus d’homologation des trains en France et de l’impossibilité de fixer un horizon temporel fiable pour son aboutissement », confirme un porte-parole à Equinox. Pendant ce temps-là, la SNCF a pu opérer dès 2021 dans la péninsule ibérique à travers sa marque Ouigo, grappillant 20% de parts de marché à la Renfe grâce à une politique de prix agressive.

Ouigo en Espagne

L’année dernière, le ministre des transports Oscar Puente est monté au créneau, dénonçant un manque de réciprocité et un « dumping commercial » de la part de Ouigo, avec des prix si bas qu’ils ne couvrent pas ses coûts opérationnels. Le ministre a estimé que l’affaire devrait être examinée par la Commission européenne, tandis que la Renfe annonçait vouloir porter l’affaire devant les tribunaux.



En attendant, la SNCF a fini par avoir raison des efforts de l’entreprise espagnole. « Il ne s’agit pas d’un abandon définitif : le projet sera relancé lorsque les conditions techniques et opérationnelles le permettront, souligne le porte-parole de la Renfe, cette décision n’affecte pas la continuité de l’exploitation des lignes internationales actuellement opérées en France, en particulier les liaisons avec Lyon et Marseille, qui plus de 642 395 voyageurs par an et dont l’activité se poursuit normalement. »  L’opérateur français reste donc pour l’instant en monopole sur les lignes Espagne-Paris, avec des billets Barcelone-Paris dont les prix ont sensiblement baissé ces derniers mois mais qui peuvent encore atteindre 199 euros par trajet.

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Image de Aurélie Chamerois

Aurélie Chamerois

Cofondatrice d’Equinox et rédactrice en chef, Aurélie Chamerois est basée à Barcelone depuis 2008. Spécialisée dans les thématiques économiques et de société, elle décrypte les mutations du quotidien en Espagne et en Catalogne. Elle couvre aussi l’actualité espagnole pour RTL, BFMTV et Ouest-France.
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Aurélie Chamerois

Cofondatrice d’Equinox et rédactrice en chef, Aurélie Chamerois est basée à Barcelone depuis 2008. Spécialisée dans les thématiques économiques et de société, elle décrypte les mutations du quotidien en Espagne et en Catalogne. Elle couvre aussi l’actualité espagnole pour RTL, BFMTV et Ouest-France.
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