Les incitations à réduire la durée des arrêts-maladies mises en place par le département régional de la Santé mettent sous pression les médecins catalans.
Une partie du financement des centres publics de santé, les fameux CAP, et les salaires des équipes de direction dépend désormais du respect d’un indicateur fixant la durée des incapacités temporaires, autrement dit des arrêts-maladies. Le président catalan, Salvador Illa, a cependant modéré la mesure en expliquant que « seul le critère médical prévaudrait pour les arrêts ».
Néanmoins, le gouvernement a fixé des chiffres. Il s’agit d’atteindre une durée moyenne des arrêts-maladies de 20 jours pour les troubles de santé mentale et de 17 jours pour les pathologies musculo-squelettiques, selon des sources du syndicat des médecins catalans. Le secteur dénonce qu’une partie de la rémunération variable des professionnels dépend de l’atteinte de ces objectifs collectifs, ce qui fait de la durée des arrêts, qui dépend des médecins, un élément pour toucher l’intégralité de cette rémunération. « Ce n’est pas une question d’argent, mais la décision va à l’encontre du code déontologique et n’est pas éthique », dénonce Eva Segura, médecin et responsable syndicale.
La gauche radicale, dont l’exécutif a besoin pour voter les budgets 2026 de la Catalogne, demande à ce que la prescription des arrêts repose uniquement sur des critères médicaux et que le ministère de la Santé « garantisse qu’aucun médecin ni aucune équipe de direction des centres d’attention primaire ne voient leurs conditions salariales réduites en fonction de la durée ou du montant des arrêts, la prescription et le suivi devant toujours répondre à des critères professionnels ».
Le reste de l’opposition a également critiqué la position du gouvernement. Ester Capella, porte-parole de la gauche indépendantiste (ERC), a qualifié la mesure de « mauvaise pratique ». Pour Salvador Vergés (Junts – droite indépendantiste), il s’agit d’une « perversion du système ».
Le ministère de la Santé renvoie la balle aux médecins en expliquant que les responsables sanitaires avaient constaté depuis des années que les arrêts liés à la santé mentale et aux pathologies musculo-squelettiques étaient beaucoup plus longs en Catalogne qu’ailleurs en Espagne, faute de diagnostic rapide en raison de la saturation du système. Les mêmes sources indiquent que le ministère a mobilisé des ressources pour permettre aux CAP d’orienter les patients vers des centres conventionnés afin d’alléger la charge du circuit public et accélérer les traitements.





