José María Aznar : « Vivre à Madrid est une expression de liberté »

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A l’occasion de l’ouverture d’Equinox Madrid et de l’anniversaire de son arrivée au pouvoir il y a 30 ans, l’ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar livre sa vision de l’Espagne aux Français de Madrid. Il est actuellement président de la Fundación para el Análisis y los Estudios Sociales (FAES) et auteur de l’ouvrage « Orden y liberdad »

Il y a quinze ans, lorsque vous parcouriez le monde, un nom revenait sans cesse dans les conversations : Barcelone. Elle incarnait l’audace, l’élan, la modernité méditerranéenne. Aujourd’hui, c’est Madrid qui s’impose dans les récits, dans les regards, dans les projections. Madrid est devenue le nouveau point cardinal. Pourquoi un tel basculement ?

Parce que vivre à Madrid est une expression de liberté. Ici, on vous laisse vivre sans contrainte excessive. On entreprend, on pense, on écrit, on crée. La ville n’érige pas d’obstacles symboliques là où d’autres dressent des barrières administratives ou culturelles. Ouvrez un commerce : vous pouvez choisir la langue de votre enseigne sans craindre l’amende ni l’injonction. Ce climat de confiance nourrit l’attractivité. Et l’attractivité appelle la croissance, l’investissement, la créativité, l’innovation, le talent. Madrid prospère parce qu’elle rassure ceux qui prennent des risques.

Des centaines de milliers de Français font aujourd’hui le choix de l’Espagne. Certes, la question du logement est réelle. Elle l’est ici comme ailleurs. Mais en Espagne, le nœud du problème tient à un point fondamental : l’insuffisance de l’offre. Le pays ne manque pas de foncier ; il dispose d’espaces, de réserves, de possibilités. Ce qui fait défaut, c’est la libéralisation du sol. Comment bâtir si l’on ne met pas les terrains à disposition ? La mécanique est simple : libérer le foncier, construire, proposer, puis garantir que ces logements puissent être occupés et fonctionner dans un cadre stable et sécurisé.

À cette équation s’ajoute un défi énergétique. Construire ne suffit pas si l’énergie nécessaire pour rendre ces logements habitables n’est pas assurée. Une politique cohérente suppose d’articuler urbanisme et capacité énergétique.

Enfin, comment dynamiser le marché locatif tout en envisageant d’interdire la détention de plus d’un logement, comme le propose le gouvernement actuel ? Une telle orientation suscite l’incompréhension. Restreindre la propriété revient à assécher l’offre. Or, l’histoire économique l’enseigne avec constance : c’est l’augmentation de l’offre qui, durablement, fait baisser les prix. La libéralisation demeure, en ce sens, la garantie la plus efficace d’un marché plus accessible.

Et parce que la réflexion sur la liberté dépasse les frontières et les conjonctures, la fondation Faes, animée par un attachement profond à la francophonie, vient de publier Un liberal único, biographie du philosophe français Alexis de Tocqueville. Un penseur pour qui la liberté n’était pas un slogan, mais une architecture.

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