La capitale espagnole a rendu hommage ce matin aux victimes des attentats du 11 mars 2004, qui ont fait près de 200 morts. C’est encore aujourd’hui la pire attaque terroriste subie en Europe.
Il est 7h37 ce jeudi 11 mars 2004 à Atocha, la principale gare de Madrid. L’heure de pointe pour des milliers de personnes qui empruntent chaque jour un Cercanias (train de banlieue) pour rejoindre leur lieu de travail ou leur école. La première détonation retentit, puis une autre, et dix au total, quasi simultanément, dans les gares d’Atocha, El Pozo del Tio Raimundo et Santa Eugenia. Les bombes avaient été dissimulées dans des sacs, trois n’ont pas explosé.
L’attaque fera près de 2000 blessés et 193 morts, dont une Française de Madrid : Marion Subervielle, maman d’une petite fille, installée dans la capitale catalane depuis trois ans. Ce matin-là, comme tous les autres, cette jeune Béarnaise de 29 ans se rendait à la Bibliothèque nationale où elle travaillait.
« Non à la guerre »
Le gouvernement espagnol privilégie d’abord la piste des terroristes basques d’ETA, mais l’enquête révèle rapidement qu’ils sont l’oeuvre du terrorisme islamiste. Le projet d’attentat a débuté deux ans plus tôt, après l’arrestation du chef d’Al-Qaïda en Espagne. La participation espagnole à l’invasion en Irak, sous l’impulsion du Premier ministre conservateur (PP) José Maria Aznar, aurait ensuite encouragé l’organisation terroriste à aller jusqu’au bout.
Les conclusions de l’enquête marquent durablement la population espagnole, qui avait manifesté en masse un an plus tôt contre l’intervention en Irak, sous le slogan « No a la guerra ». Un slogan qui résonne plus que jamais 22 ans plus tard, puisqu’il a été repris la semaine dernière par le chef du gouvernement socialiste Pedro Sánchez contre la guerre en Iran.
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Le pays, à la fois marqué par près de 40 ans de franquisme et ces récents attentats meurtriers, demeure profondément pacifiste. Selon les dernières enquêtes, deux Espagnols sur trois se déclarent contre la guerre actuellement menée en Iran par les Etats-Unis et Israël.