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DJ Mosey aka Pierre Sarkozy: « je ne fais pas de plan sur la comète »

Voici un deejay bien cool, que l’on a eu plaisir à  rencontrer et interviewer. Dj Mosey aka Pierre Sarkozy qui nous raconte sa carrière.

Tu t’appelles DJ Mosey, et on a essayé de faire un anagramme avec ton nom de scène pour voir ce qu’il en sortait, et Gazengel (journaliste Equinox) a trouvé “c’est moi”… Alors que signifie Mosey?

En fait “Mosey” était le nom que j’avais quand j’ai commencé la musique, je m’étais choisi un pseudonyme, ça veut dire en vieil anglais “se balader sans trop se presser”. On pourrait le traduire en français par “flâner”, et je trouvais que ça me représentait assez bien car c’est un peu la façon dont je vois la vie. Et ce nom m’est resté depuis ma tendre adolescence.

Comme tu as un nom anglais, ça va permettre de faire la transition avec une autre question que l’on pose souvent aux DJ français qui viennent à Barcelone. On se rappelle de Fafa Monteco qui re-samplait des films de Tarantino en français, de Claude Monet qui faisait des reprises de Gainsbourg ou du “Sacré français” de Dimitri from Paris, mais aujourd’hui c’est fini, les DJ français ne samplent plus de français. Est-ce qu’il existe pour toi une certaine nostalgie de cette époque?

Alors moi j’ai été totalement influencé par deux écoles, j’ai commencé à faire du hip hop et de la house. J’avais pas mal de projets avec le hip-hop et j’étais très influencé par le son qui passait en boite à ce moment-là, c’est-à-dire la fin des années 90 début 2000.. Et c’était tous ces artistes dont tu parles Alex Gopher, Cassius, Bob Sinclar avec à l’époque “Champs-Élysées” qui reste pour moi son meilleur album. Et j’ai donc été très influencé pour ces artistes-là, c’est sûr, je l’ai pas encore fait dans mes productions, mais ça m’est arrivé de prendre des extraits de films français et de les intégrer dans des mixes. En revanche je discutais avec un artiste canadien avec qui je vais travailler sur mes prochaines productions, et je lui faisais écouter le morceau et il me disait “c’est quoi cette basse, ça sonne très français comme son”. Je dis à chaque fois que je ne cherche pas à faire du son français mais que malgré moi ça sonne français même s’il n’y a pas le sample de dialogue français mais il y a ce son que l’on trouve à travers le choix des synthés et la façon de gérer les filtres qui fait penser à la musique house française de l’âge d’or.


Pour toi il y vraiment eu un âge d’or de cette musique ?

Oui, cet âge d’or était pendant les années 90 et 2000 où ça a vraiment explosé, et que ça a pris le nom de “French Touch”. Je n’exclus pas de faire des morceaux en français mais ce serait plutôt en m’inspirant de poésies françaises ou de beaux textes, et en les intégrant comme quelque chose de redondant et hypnotique sans sampler des dialogues de film. Comme tu dis ça a déjà était fait, même très bien fait, donc si je devais utiliser du français je me tournerais vers la poésie et ce genre de textes.

En fait tu défends une autre facette de la “French Touch” car justement on en parlait avec tous ces DJ parisiens qui eux défendent un autre style de musique. Pour eux le “French touch” c’est de la musique accidentelle, très agressive, ce qui n’est pas du tout ton cas. Qu’en penses-tu?

J’en joue beaucoup et j’aime bien ces artistes-là. J’essaie d’intégrer ces nouvelles références avec plus du French House traditionnelle. J’essaie d’intégrer plus de house et d’électro. Je sais qu’il y a des DJ qui le font très bien qui vont rester pendant deux heures sur le même BPM et sur les mêmes types d’accords. Mais moi j’aime bien me balader, par exemple commencer par quelque chose de “new disco” et après partir plus sur du house, ou deep et même techno. J’évolue entre ces différents types de musiques électroniques.


On a parlé beaucoup de références et on a cité beaucoup de noms : si on devait te demander d’écouter un artiste, un seul artiste dans toute ta vie, quel serait-il ?

C’est très difficile comme question, j’hésite car j’écoute tellement de genres différents comme de la musique classique, électro ou encore hip-hop, donc c’est très différent mais si je devais écouter un seul groupe je dirais “Aviletta” un groupe de musique corse.

Tu avais dis il y a quelques temps à “Vanity Fair” que tu préférais être “un musicien sans avenir plutôt qu’un brillant avocat”, aujourd’hui on peut dire tu mixes dans pas mal de clubs, et ça marche pas mal pour toi. Qu’est-ce que tu espères dans l’avenir ?

C’est très cliché ce que je vais dire, mais je me souhaite de continuer comme ça, avoir la chance de vivre de ce que l’on aime ce n’est pas donné à tout le monde, et si ça peut déjà continuer comme ça c’est parfait. Je ne fais pas de grands plans sur la comète, j’aime vivre au jour le jour. J’avais l’habitude de faire des choses pour d’autres artistes et là je vais commencer à faire des choses pour moi-même!

Vas-tu travailler avec d’autres artistes ?

C’est ce que je faisais avant, j’étais derrière et maintenant j’ai envie d’être un peu plus égoïste et commencer à travailler pour moi. C’est très enrichissant de travailler pour d’autres artistes mais aussi très fatigant. J’ai envie de plus de liberté, ne pas avoir à rendre des comptes, j’ai envie de faire ce que j’aime et ce que je ressens.

Et avec Doc Gyneco, es-tu toujours en contact ?

Ça fait un petit moment qu’on s’est pas vus, on parle par textos de temps en temps, je sais qu’il bosse sur un projet et je lui souhaite tout le bonheur du monde parce que c’est un mec en or, certes mal compris mais un mec très bien.

Je trouve que tous lynchages, sans exception, sont abusifs.

C’est vrai que du jour au lendemain son image a changé, est-ce que tu sais si ça l’a touché?

Je trouve que tous lynchages, sans exception, sont abusifs. C’est quelqu’un qui a énormément de talent mais c’est un OVNI qui est mal compris. Et peut-être que le timing médiatique n’est pas adapté à sa façon de penser. Mais c’est quelqu’un de grande valeur.

Connaissais-tu déjà Barcelone avant de venir aujourd’hui?

Je suis déjà venu une fois mais pour seulement deux jours, mais j’avais bien aimé le petit week-end. Moi je suis méditerranéen donc j’aime bien cette atmosphère au bord de l’eau. C’est ce qui manque à Paris.

Et maintenant les questions filles avec Gazengel : Tu vas mixer pour la fermeture de la “fashion week” de Barcelone, au niveau de la mode tu as aussi posé pour “Mr Porter”, c’est une marque assez classique et élégante, mais au contraire tu avoues que Michael J. Fox dans “Retour dans le futur” est ton icône de la mode, tu peux nous expliquer ton look?

“Retour dans le futur” est mon film préféré et j’aime bien le côté jeans et baskets. C’est vrai que depuis que je suis ado je suis resté avec mes baskets mais je peux mettre une veste pour une bonne occasion, y a pas de problème (rires).

Tu es jeune, riche et célèbre, et il y a quelques jours, un magazine américain t’as placé parmi les célibataires les plus convoités au monde, tu es même devant George Clooney. Quel est donc le handicap que tu as pour trouver la femme de ta vie ?

(rires) déjà par rapport à ce classement c’est flatteur mais je ne suis pas sûr que les critères sur lequel se fondent ce classement soient très juste, je ne suis pas fan. Je pense que derrière le statut social d’une personne, il y a quelque chose d’autre, je trouve ça superficiel mais mon ego est quand même flatté. J’essaie de me détacher de ce genre de chose. En ce qui concerne la femme de ma vie, j’estime que ça appartient au domaine du privé… (sourire)