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Donald Trump Président : ce que cela peut changer pour l’Espagne

Donald Trump est investi aujourd’hui 45e Président des Etats-Unis. Focus sur l’impact et les conséquences que ce nouveau président pourra avoir sur l’Espagne.

Beaucoup d’Européens regrettent déjà Barak Obama. C’est oublier un peu vite que le président des USA, qu’il soit démocrate ou républicain, est par nature nationaliste, c’est la culture du pays et des institutions. Il a d’abord été élu pour défendre les intérêts des Américains et pas ceux de l’Europe. Commercialement, financièrement, l’Europe est une concurrente des Etats-Unis. Lors de sa victoire en 2008, les commentateurs européen annonçaient que Barack Obama serait un président européen. On a vu tout le contraire.

Le leader américain a mis en place ce que l’on appelle la « doctrine Obama » : un rappel incessant aux Européens de prendre davantage leurs responsabilités, notamment sécuritaires, dans leur voisinage à l’Est et au Sud. Au niveau économique, le TTIP, le fameux traité transatlantique de commerce et d’investissement, combattu en Espagne par Podemos et soutenu par la droite au pouvoir, devrait avec Donald Trump disparaître. Ce texte, en cours de négociation, prévoit un grand accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis avec zone de libre-échange transatlantique, jugée ultra-libérale. Il va probablement être mis en pause pendant un ou deux ans, voire plus.

Donald Trump face à une Europe fragilisée

Donald Trump, lui-même issu d’une vague populiste, sera en relation avec une Europe qui n’a plus confiance en elle, dévorée par des mouvements populistes de gauche et de droite. Équation compliquée. Donald Trump, qui a fait campagne sur le thème des dangers de l’islamisme radical, devra composer avec une Europe ravagée par le terrorisme islamique.

Il faudra observer quelle place l’Espagne de Mariano Rajoy pourra trouver dans ce nouveau cadre. Certains pays comme la France ont déjà leur place d’interlocuteur pour les questions militaires, notamment en Afrique; l’Allemagne pour les questions économiques et le futur de l’Europe post-Brexit ; le Royaume-Uni pour la relation politique spéciale qu’il entretient avec les Etats-Unis. Au niveau de la crise environnementale, il faut s’attendre à une forte opposition des politiques européennes qui tentent de lutter contre les effets de la pollution. Donald Trump pendant sa campagne avait qualifié d’imbécillité la Cop 21 de Paris. Il ne comprend absolument pas l’enjeu du climat et pourrait remettre en question cet accord.

Une partie de la classe politique espagnole se réjouit de la victoire de Trump

Globalement, en Espagne, comme en France, la majeure partie de la classe politique est restée assez frileuse devant l’arrivée au pouvoir de Trump. Cependant, l’ancien président conservateur Jose Maria Aznar, qui a dirigé l’Espagne de 1996 à 2004, profite de la vague Trump pour revenir sur le devant de la scène et mettre des bâtons dans les roues de son héritier politique Mariano Rajoy. Il est vrai qu’Aznar est probablement l’homme politique espagnol qui détient le plus de clés qui ouvrent des portes à Washington.

Après avoir soutenu et participé à la guerre d’Irak avec Georges Bush, Aznar garde de nombreux réseaux dans la capitale américaine en particulier avec les Républicains qui vont gouverner le pays. Idéologiquement beaucoup plus à droite que Mariano Rajoy, il se trouve en symbiose avec les équipes de Trump. En opposition frontale avec l’actuel chef du gouvernement espagnol, Aznar va probablement faire entendre sa voix durant les 4 prochaines années. Appelant à « tirer les leçons de l’élection de Trump », l’ancien premier ministre pourrait compliquer la diplomatie espagnole.

De l’autre côté de l’échiquier politique, c’est l’ancien président de la Catalogne, l’indépendantiste Artur Mas qui a salué l’élection de Donald Trump. Artur Mas ne partage pas les idées de Trump, mais c’est plutôt le côté surprise électorale qui a ravi l’indépendantiste. Dans une vidéo publiée sur Facebook, Artur Mas déclarait espérer que le président Trump agisse différemment du candidat Trump. « Ceci dit, il paraissait impossible que Trump gagne, mais il a gagné, a-t-il ajouté, je dis ça, car aux yeux de beaucoup, des fois des choses paraissent impossibles et au final c’est possible. Appliquons cela d’un point de vue catalan pour réaffirmer notre volonté et notre objectif, et ainsi les mois qui viennent pourront être décisifs ».

Double espoir pour le camp indépendantiste. Les tremblements de terres politiques se succédant à un rythme fou, la Catalogne pourrait réussir, elle aussi, à gagner une élection sur son indépendance. Par ailleurs, les équipes de Trump étant portées sur les déclarations fracassantes, une petite phrase d’un membre de administration américaine sur le droit à l’auto-détermination catalane serait du bain béni pour le gouvernement indépendantiste.