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Législatives des Français d’Espagne – F. Ralle Andreoli, le candidat soutenu par Mélenchon

Portrait de campagne par Nico Salvado, fondateur d’Equinox Radio.

« Je ne suis pas d’extrême gauche, ne me mettez pas dans une case. Avec son programme de nationalisation, aujourd’hui vous diriez que Mitterrand est d’extrême gauche. »  François Ralle Andreoli, candidat aux législatives sur la circonscription Espagne-Portugal soutenu par La France Insoumise et Europe Ecologie les Verts, veut rassembler un maximum des électeurs de la présidentielle ayant choisit Macron (37,31% au premier tour), Hamon (7,54%) et évidement Mélenchon (20%) pour avoir une chance de se hisser au second tour.

J’ai rencontré François Ralle Andreoli dans un café de Barcelone pour écrire ce portrait de campagne.Je n’avais jamais vu Andreoli en personne, bien que l’ayant interviewé à de nombreuses reprises depuis 5 ans, ce fut toujours par téléphone, le candidat résidant à Madrid. Andreoli n’est pas dans le schéma du « gauchiste en colère », au contraire, j’ai eu l’impression d’être face au candidat peut-être le plus aimable rencontré lors de cette campagne électorale. Un Madrilène un tantinet élégant si on le compare au look des Indignés catalans. D’ailleurs entre les deux maires de gauche radicale, Manuela Carmena à Madrid et Ada Colau à Barcelone, François Ralle Andreoli se revendique plus de la première que de la seconde. « Carmena c’est une femme de carrure nationale, plus ouverte que Colau qui a un profil uniquement régional ». Bigre, encore quelques instants et le candidat de la France Insoumise allait me dire qu’Ada Colau était sectaire, je n’en demandais pas autant.

J’ai face à moi un fin connaisseur de ses dossiers. François Ralle Andreoli donne un gage de sérieux pour un aspirant député. « Je suis rassembleur, affirme t-il, les étiquettes ça ne sert à rien, je veux rassembler toutes les gauches de Macron à Hamon ». Nouvelle surprise, un candidat au nom de Mélenchon qui ratisse les plates-bandes de Macron et qui ne se lance pas dans une tirade anti-système.

J’ose la question « êtes-vous moins radical que Mélenchon? » Tenté de répondre par une pirouette du style « je suis plus radical que lui pour défendre les Français de l’étranger », le candidat qui a quitté le parti de gauche en 2015 me concède finalement qu’il n’est pas un fan de la première heure de Jean-Luc Mélenchon. Ça coince notamment sur l’épineuse question de la fiscalité des Français expatriés. Alors que Mélenchon souhaite mettre en place le polémique impôt universel autrement dit la fiscalité française applicable à vie pour tous les Français vivant à l’étranger, François Ralle Andreoli se veut plus souple. « Je ne suis pas en faveur d’imposer les Français de l’étranger » me garantit le candidat de gauche alternative sauf dans un cas : « les plus fortunés qui paieraient une sorte d’impôt sur la fortune si leur capital dépasse les trois millions d’euros ».

Mais Ralle Andreoli précise tout de suite que les Golden boys ne sont pas légion chez les Français d’Espagne. « J’en ai marre que l’on nous culpabilise, les Français d’Espagne ne sont pas des privilégiés. Dans le monde, les Français expatriés rapportent 650 millions d’euros avec leurs impôts. C’est d’ailleurs ce que faisait le député de la circonscription Arnaud Leroy (socialiste puis marcheur NDLR) à chaque réunion il demandait aux Français expatriés de faire des sacrifices » s’agace Andreoli. « Moi je félicite les Français riches qui ont un super comportement comme le joueur de foot Karim Benzema qui a demandé à payer ses impôts en France même si c’est moins avantageux pour lui ».

Autre thème phare de cette campagne : l’octroi des bourses scolaires. D’entrée, Ralle Andreoli n’annonce pas des lendemains qui chantent : « la gratuite à 100% des établissements scolaires pour les Français de l’étranger est infinançable ». Un discours raisonnable peu habituel pour un homme de gauche, mais la nuance arrive rapidement :« je suis pour doubler le budget de l’AEFE qui finance les bourses scolaires afin de baisser le seuil d’obtention des bourses, ce qui fera plus d’argent pour les familles. » Ce qui selon François Ralle Andreoli ne sera pas possible avec en Marche: « avec l’austérité, les fonctionnaires des lycées français seront touchés de plein fouet, on aura moins de personnel ». Pour ce professeur de formation, les idées fusent pour les établissement scolaires :« comme je suis un candidat écolo, j’obligerai les cantines à prendre des fournisseurs bios ».

Mais comment les 11 députés des Français de l’étranger arriveront à faire entendre leurs propositions de réforme pour les expats face à leurs 566 collègues de métropole et outre-mer ? « J’ai des réseaux » me fait remarquer le candidat avec une pointe de fierté non dissimulée. Ralle Andreoli fait référence aux conseillers consulaires majoritairement de gauche qui seraient déjà prêts à faire du lobbying et des pétitions pour que les réformes se fassent.

Concernant le processus indépendantiste catalan, François Ralle Andreoli dit « comprendre les inquiétudes des Français surtout de Barcelone », cependant le candidat affirme croiser des Français favorables à l’indépendance.« Peut-être qu’un éventuel référendum crèvera l’abcès, mais peut-être est-ce trop tard pour faire tomber les tensions, de toute façon un député français en Espagne c’est là pour faire dialoguer les gens pas pour mettre de l’huile sur le feu » conclut le candidat à la députation.

Qu’est-ce qui pourrait empêcher le candidat de la France insoumise d’accéder au second tour ? « La candidature de la socialiste Gabrielle Siry«  analyse-t-il. Ça tombe bien, la candidate PS dit exactement la même chose de François Ralle Andreoli qui est selon elle l’incarnation physique du barrage du second tour. Comme si les deux candidats de gauche nous rejouaient, version locale, la bataille perdue entre Mélenchon et Hamon.