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NOTRE AVIS – World Press Photo 2018, l’expo pour comprendre (et relativiser)

Le Centre de Culture Contemporaine de Barcelone (CCCB) accueille jusqu’au 27 mai prochain la saisissante exposition de photo-journalisme World Press Photo 2018. Le choc des photos, pour un tour d’horizon sans filtre de l’état du monde. Visite guidée. 

Comme à son habitude, ce concours met le lumière le travail de photo-journalistes à travers le monde, en récompensant leurs meilleurs photos dans différentes catégories comme l’actualité, l’environnement, la religion, etc. Cette année, c’est celle de Ronaldo Schemidt, qui à été élue photo de l’année.

Photographe chez l’Agence France Presse (AFP), Schemidt a su séduire le jury grâce à sa photo du jeune militant José Víctor Salazar Balza. Ce vénézuélien de 28 ans, se retrouve victime des affrontements pour protester contre le projet de réforme de la constitution voulue par le président Nicolás Maduro, se transformant en réelle torche humaine des suites d’une explosion. Il en ressortira tout de même vivant avec des brûlures au premier et deuxième degré sur 70% de son corps.

D’entrée de jeu, on est donc confronté à la dure réalité de notre monde, ou plutôt celui de nos voisins. Encore une fois, notre réalité à nous, semble bien gênante quand on parcourt les différentes salles du CCCB à la recherche de la prochaine image.

Pour la première fois, un syndrome méconnu, seulement observé en Suède est mis en image. Celui de résignation, exposé par Magnus Wennman, dont deux soeurs réfugiées du Kosovo sont victimes, plongées dans un coma de deux ans pour l’une et de six mois pour l’autre. La raison de ce phénomène reste encore inconnue, on ne peut donc qu’imaginer les raisons pour lesquelles le corps humain décide par lui même de se plonger dans un coma sans fin.

On est ensuite amenés à une réalité beaucoup plus proche, celle des attentas. Avec les images de de l’attaque de Londres l’été dernier de Toby Melvill et celles de David Becker qui était sur les lieux de la fusillade de masse à Las vegas lors du festival de musique country en septembre 2017. Des photos qui tendent à rappeler les attentats de Barcelone et Cambrils qui avaient fait 16 morts l’été dernier.

Les femmes et leurs inégalités ne sont pas oubliées avec les photographies de l’égyptienne Heba Khamis, dans la catégorie Contemporary Issues Stories. Une série de photos qui dénonce une pratique commune au Cameroun, celle de l’aplatissement de la poitrine de jeunes filles pour retarder leur puberté et éviter l’harcèlement sexuel ou les viols. Ou encore, Adam Ferguson, dans sa série « Boko Haram strapped suicide » qui illustre des filles kidnappées au Nigeria par une secte les forçant à se donner la mort dans des missions suicides. Les jeunes filles présentes sur les photos ont réussi à s’échapper.

La visite s’achève comme à son habitude par des clichés de la vie animale, aussi menacée. À l’instar des photos précédentes où la vie humaine se désintègre petit à petit, une bouffée d’espoir est présente pour celles-ci. Avec notamment le Reteti Elephant Sanctuary au nord du Kenya qui montre la protection d’éléphanteaux orphelins, preuve que le photo-journalisme c’est aussi l’avancée des communautés.

La visite prend environ une bonne demie-heure, mais une heure complète permet vraiment d’apprécier le travail des auteurs. Cette édition placée sous la devise du « voir pour comprendre » amène à la réflexion sur des images, qui bien souvent, nous sont étrangères et pourtant témoignent d’une réalité pas si loin de chez moi. On signalera tout de même que les photos exposées de cette 61e édition ont été sélectionnées parmi plus de 73.000 images prises par 4548 photographes de 125 pays du monde.

Expo World Press Photo 2018 à Barcelone – Infos pratiques

Plus d’infos ici

Dates: Du 28 avril au 27 mai 2018

Horaires:  du mardi au jeudi 11h-21h/vendredi 11h-21h/samedi, dimanche, jours fériés 10h-21h

Prix: 6€ entrée générale – 4€ moins de 25 ans, familles nombreuses et retraités – Gratuit moins de 12 ans, chômeurs, tous les dimanche de 15h à 21h, le Jour des Musées (18 mai) et la Nuit des Musées (19 mai)

Adresse: CCCB, Carrer de Montalegre, 5, 08001 Barcelona

Transport: Arrêt de métro Universitat (lignes 1 et 2) et Catalunya (lignes 1 et 3)