Carles Puigdemont pense que l’Espagne pourrait l’assassiner

par Nico Salvado
président de la Catalogne

Carles Puigdemont laisse ouvertement sous-entendre que la police espagnole pourrait tenter de l’assassiner. Décryptage des propos de l’ancien président catalan.

“Quelqu’un a accroché une balise sous les voitures que nous avons utilisées. Ils pourraient de la même manière mettre un explosif. Faut-il rappeler que l’Espagne a mené une guerre sale contre l’ETA? ” La phrase est extraite du dernier livre de Carles Puigdemont “La crisis catalana” qui est sorti ce mercredi aux éditions La Campana.

Dans une formule à l’emporte-pièce, l’ancien président explique ni plus ni moins que le gouvernement espagnol pourrait tenter de l’assassiner. Explications de texte.

Quelqu’un a accroché une balise sous les voitures que nous avons utilisées

Ici, Carles Puigdemont fait référence à l’événement qui a conduit à sa détention sur le sol allemand le 25 mars 2018. L’ancien président revenait d’une conférence au Danemark et s’est fait interpeller par la police allemande à la frontière danoise. Arrêté dans un véhicule de type Renault Espace, les services secrets espagnols ont suivi à la trace Puigdemont à l’aide d’une balise de repérage collée sous sa voiture. Plus petit qu’une pièce de monnaie, ce dispositif aurait été placé par un proche de Puigdemont qui l’aurait donc trahi. “Depuis, il n’est plus le même, il se méfie de tout le monde” confie à Equinox un responsable de la Generalitat qui travaille à l’étranger.

Faut-il rappeler que l’Espagne a mené une guerre sale contre l’ETA?

Carles Puigdemont continue sa démonstration en se référant maintenant à Euskadi ta Askatasuna (ETA) l’organisation terroriste qui a pris les armes pour l’indépendance du pays basque. Par “guerre sale” l’ancien président évoque l’opération des Groupes antiterroristes de libération (GAL) du ministère de l’Intérieur espagnol. Sous le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez entre 1983 et 1987 ont été créés des commandos parapoliciers et paramilitaires espagnols ayant pour objectif la lutte contre ETA sur le territoire français. Selon leurs détracteurs, les GALS agissaient comme de véritable terroristes pratiquant enlèvements, séquestrations et assassinats contre les combattants armés basques.

Ils pourraient, de la même manière, mettre un explosif.

Si la police a réussi à placer une balise et que le gouvernement a agi avec violence contre l’ETA, il pourrait arriver la même chose à Carles Puigdemont selon ses propres déclarations.

Une lourde accusation, où l’ancien président se place au passage sur le même terrain que les terroristes basques.

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