Comment l’Arsène Lupin espagnol gagnait-il 300 000 euros par mois ?

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Arsène lupin d'espagne

Surnommé Arsène Lupin d’Espagne, Jordi Arias Fernández a été arrêté samedi 8 janvier dans une discothèque à Madrid. Il était l’un des cybercriminels les plus recherchés. Par mois, il pouvait gagner jusqu’à 300 000 euros. Explications. 

Photo : Guardia Civil

Il ne porte pas de gant blanc, mais en possède toute l’étoffe. Jordi Arias Fernández, « l’Arsène Lupin » espagnol, a été arrêté par les policiers de la Guardia Civil samedi 8 janvier dans une discothèque à Madrid. Ce cybercriminel de 23 ans était l’un des escrocs les plus recherchés d’Espagne. Depuis sa dernière apparition, il y a deux ans, les autorités spécialisées dans la délinquance informatique sont à ses trousses. 25 réquisitions judiciaires pesaient contre lui.

Il faut dire que ce « gentleman-cambrioleur » espagnol pouvait gagner jusqu’à 300 000 euros par mois, grâce à ses escroqueries en ligne.  La nuit de son arrestation, l’arnaqueur détenait sur lui 12 000 euros en liquide. Rien que ça. Ce soir-là, le surnommé Lupin a été reconnu par une personne tard dans la nuit. Lui qui était pourtant insaisissable…

Un système opératoire bien rodé

Lupin se tirait un revenu en vendant du matériel électronique sur des faux sites web. « Un informaticien se chargeait d’élaborer des répliques de pages web frauduleuses et de les mettre en ligne sur Internet », a expliqué la Guardia Civil, selon nos confrères de La Vanguardia. Certaines étaient même des copies conformes à certaines boutiques en ligne légales. Logo et nom de marques compris.

Une campagne de publicité sur les réseaux sociaux permettait d’attirer le maximum de consommateurs, futurs arnaqués, en un temps record. Pour ne pas se faire repérer, ces sites n’étaient actifs qu’en fin de semaine puis disparaissaient. Ni vu, ni connu. Mais juste de quoi se mettre en poche plusieurs centaines d’euros.

Pour ne pas se faire pister, l’argent se transférait grâce à des numéros de comptes bancaires prêtés par des « mules », en échange d’une rémunération. Pas moins de 50 téléphones et 100 cartes SIM prépayées permettaient à Lupin et ses employés d’esquiver les forces de l’ordre.

15 taxis par jour pour échapper à la police

C’est de là que Jordi Arias Fernández tient son surnom. Lupin, personnage de fiction créé par l’écrivain français Maurice Leblanc, doit sa célébrité à pouvoir se grimer, et échapper à la police. Jordi Arias Fernández en est l’exemple même…

L’escroc jonglait entre hôtels et appartements touristiques. Il ne passait pas plus d’une semaine dans un logement. Et en l’espace d’une journée seulement, il pouvait prendre jusqu’à une quinzaine de taxis pour ne laisser aucune trace de déplacement. Jusqu’à ce samedi 8 janvier, où l’obscurité d’une boîte de nuit ne lui aura pas suffi à passer incognito. Ce même samedi où le mythe du Lupin espagnol prenait fin…

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medecin français à Barcelone

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