vendredi 28 novembre 2025

Grippe en Espagne : un variant relance l’épidémie et l’usage sur le masque

Alors que l’hiver n’a pas encore officiellement commencé, l’Espagne affronte déjà une épidémie de grippe qui s’annonce particulièrement intense. Selon la Société espagnole de médecine de famille, le pic de contagion est attendu autour des fêtes de fin d’année, avec une montée en flèche des cas dans les prochaines semaines.

L’alerte est lancée par les médecins généralistes : le virus de la grippe circule avec un mois d’avance, en grande partie à cause de la diffusion d’un nouveau variant. Son profil antigénique pourrait le rendre moins identifiable par le système immunitaire, mais les experts se veulent rassurants : il ne s’agit pas d’un virus plus agressif, seulement plus contagieux.

José María Molero, porte-parole des médecins de famille espagnols, indique que la courbe des infections double chaque semaine depuis mi-novembre, en particulier chez les enfants de 1 à 4 ans. Elle devrait culminer à la fin décembre, en pleine période de réunions familiales, festives et sociales, un terrain propice à la transmission. La moyenne nationale a déjà franchi le seuil épidémique avec 40 cas pour 100 000 habitants.

Ce démarrage anticipé complique aussi les campagnes de vaccination actuellement en cours. « La fenêtre de protection s’est réduite, ce qui pourrait rendre la saison grippale plus sévère que les années précédentes », prévient le médecin. L’année dernière, le taux maximal avait atteint 141 cas pour 100 000 habitants, contre 163 il y a deux ans.

Retour du masque

Face à cette hausse, la ministre de la Santé Mónica García souhaite rétablir un protocole national commun contre les virus respiratoires, qui devrait être validé mercredi par la Commission de Santé Publique. Il incluerait un durcissement progressif de l’usage du masque dans les établissements sanitaires et sociosanitaires : il restera recommandé dans les situations ordinaires et deviendra obligatoire dans les niveaux de risque les plus élevés. La ministre a fermement défendu cette mesure : « désormais, toute personne présentant des symptômes de rhume devrait, de manière responsable, porter un masque ». Avant d’ajouter :  « c’est très facile : on arrive dans un centre de santé, on met son masque ; on en sort, on l’enlève. De cette façon, on protège les patients, les soignants et on se protège soi-même ».

Certaines régions, comme Aragón, Asturias, Castilla y León et la Communauté valencienne, ont déjà commencé à recommander le port du masque dans les centres sociosanitaires et les espaces fermés. De leur côté, les médecins insistent sur la vaccination comme meilleur rempart, même si l’efficacité pourrait être moindre contre ce nouvelle variant. « Plus il y aura de cas, plus les personnes à risque seront exposées », alertent-ils.

Sans dramatiser, la ministre appelle à la plus grande vigilance. « L’expérience montre que les hôpitaux ne sont jamais préparés à une hausse soudaine des contagions, Le système n’est jamais prêt à affronter une épidémie sur laquelle nous n’avons pas agi en amont ; c’est l’une des grandes leçons de la pandémie ».

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