Un mur s’effondre, un train déraille, un homme meurt : en une nuit, le réseau de trains de banlieue Rodalies a plongé Barcelone et toute la Catalogne dans une paralysie totale.
Ce mercredi matin, Barcelone s’est réveillée sans trains. Aucun train de banlieue du réseau Rodalies ne circule dans la capitale catalane ni dans le reste de la Catalogne, affectant aujourd’hui plus de 400 000 usagers et laissant des dizaines de milliers de personnes bloquées sur les quais ou contraintes de se rabattre sur des alternatives déjà surchargées. La suspension totale du service, décidée dans la nuit, intervient à la suite de deux accidents ferroviaires distincts et alimente la colère sociale dans toute la région.
Deux accidents en moins de 12 heures
Le premier drame s’est produit sur la ligne R4, à environ 30 km au sud-ouest de Barcelone, entre Gelida et Sant Sadurní d’Anoia, dans l’Alt Penedès. Un train a déraillé après l’effondrement d’un mur de soutènement fragilisé par les fortes pluies. Un conducteur stagiaire a perdu la vie et 37 personnes ont été blessées, dont cinq grièvement. Dans la cabine se trouvaient le conducteur et plusieurs apprentis en formation.
Quelques heures plus tard, un second incident a paralysé la ligne R1, entre Blanes et Maçanet Massanes, dans la province de Gérone. Un train a déraillé après avoir heurté des pierres tombées sur les voies. Les dix passagers à bord sont indemnes, mais la circulation a été immédiatement suspendue.
Un service suspendu et des inspections en cours
Face à la gravité de ces événements, ADIF, l’administrateur des infrastructures ferroviaires, et RENFE, l’opérateur national des trains, ont décidé d’interrompre l’ensemble du service Rodalies en Catalogne. Depuis l’aube, des équipes techniques inspectent toutes les lignes pour garantir la sécurité avant toute reprise. Une réunion du CECAT, le centre de coordination des services d’urgence et de sécurité, est prévue ce matin pour évaluer la situation et préparer la reprise progressive du service.
Appel à la grève générale du secteur
Dans ce contexte, le SEMAF, syndicat espagnol des conducteurs de trains, a lancé un appel à la grève générale dans tout le secteur ferroviaire. Les syndicats dénoncent la détérioration constante des infrastructures, les conditions de travail et la succession d’accidents récents, rappelant notamment le tragique déraillement du train Málaga‑Madrid survenu 48 heures plus tôt. Le SEMAF exige des mesures urgentes pour garantir la sécurité des usagers et du personnel avant toute reprise de la circulation.
Chaos urbain et frustration des usagers
Privés de leur principal moyen de transport, les Barcelonais se retrouvent confrontés à une saturation des routes, des bus bondés et un métro surchargé. Le gouvernement régional catalan (Generalitat) a renforcé les liaisons routières, demandé à la population de limiter ses déplacements et encouragé les entreprises à privilégier le télétravail.
Entre paralysie du réseau et appel à la grève, le message est clair : le réseau Rodalies est à l’arrêt, et la crise sociale et sécuritaire qui l’accompagne ne fait que commencer.