Avec un nouveau record de touristes en 2025, l’Espagne consolide sa place de 2e destination mondiale et ne compte pas s’arrêter là.
100 millions de touristes étrangers, c’est le record que visaient les professionnels du secteur en 2025. Il n’a pas tout à fait été atteint, l’Espagne a accueilli 96,8 millions de visiteurs, mais les touristes ont dépensé davantage : + 7% en un an selon l’ONU Tourisme, + 45% en 6 ans.
Le panier moyen du touriste en Espagne se situe ainsi dans une moyenne de 965 euros, quand il n’atteint que 755 euros en France. Une première victoire pour la péninsule, qui ne rattrape toutefois pas encore son voisin en nombre de visiteurs (102 millions). Mais cela ne devrait pas s’arrêter là. Selon le rapport The Power of Travel 2050, élaboré par Alvarez & Marsal et Google, la dépense moyenne en Espagne pourrait grimper de 64% et son nombre de touristes à 130 millions.
« Les facteurs-clés passeront par la qualité plus que la quantité, des expériences personnalisées et un tourisme responsable », confie à Equinox un professionnel du secteur à Barcelone. « C’est vrai que la qualité du service n’a jamais été le fort de l’Espagne, mais c’est en train de changer », explique ce Français.
Equilibrer qualité et quantité
« Le succès de demain se mesurera à notre capacité à équilibrer quantité et qualité, tradition et modernité, hospitalité et durabilité, estime de son côté Eduardo Prieto, directeur général de Visa, l’Espagne peut devenir une référence mondiale montrant comment un pays parvient à faire du tourisme à la fois un moteur économique et un symbole de prospérité durable ».
Dans cette transformation, Barcelone veut ouvrir la voie. La cité catalane, connue comme l’une des destinations les plus étouffées du monde par le tourisme de masse, prône depuis des années la nécessité de faire primer la qualité à la quantité. Le maire Jaume Collboni a déclaré plusieurs fois que la ville devait projeter une « image d’excellence » pour prendre soin d’abord des résidents, puis des visiteurs, afin « d’éviter les conséquences négatives de la surfréquentation touristique ».
Il a également assuré que des décisions prises par des entreprises du secteur et par la municipalité « fonctionnent » et « vont dans la bonne direction », et qu’il existe « les instruments » nécessaires pour « moduler l’offre touristique et attirer les visiteurs qui nous intéressent le plus », avec notamment l’augmentation des taxes de séjour et la promesse d’éliminer tous les appartements touristiques.
Mais l’évolution vers un tourisme durable et qualitatif passe aussi par sa décentralisation. « Barcelone doit disposer d’un grand espace servant de vitrine à toute la richesse et à la diversité touristique de la Catalogne : sa gastronomie, l’œnotourisme, les villages côtiers, l’oléotourisme, les traditions… en invitant les visiteurs à découvrir l’ensemble de la région », estime Marian Muro, membre du Conseil Espagnol du Tourisme et ancienne directrice de l’office de tourisme de Barcelone.
Et plus encore que de disperser les touristes en Catalogne, les inciter à découvrir toute l’Espagne. Plus de 80% des touristes se concentrent actuellement sur quatre régions : les Baléares, les Canaries, la Catalogne et l’Andalousie. « Évidemment, cela nécessite d’améliorer le réseau de transports », poursuit la professionnelle du secteur. Le talon d’Achille de l’Espagne alors que ses infrastructures ferroviaires vieillissantes ont provoqué de récents accidents et causent encore de multiples retards ou annulations sur l’ensemble du réseau.

