Le réseau Mazette anime depuis trois ans la communauté francophone de Madrid dans toute sa diversité. Sa fondatrice Circé de Lylle et la responsable pour Madrid Julie Droulers ont été aux premières loges des changements dans la ville comme au sein des Français de Madrid. Interview.
Photos : Mazette
Circé de Lylle est arrivée à Madrid en 2017, pour diriger la stratégie Ressources Humaines de la filière bancaire d’Auchan, un groupe où elle raconte avoir « monté les échelons ». Après 3 ans, elle lance un projet entrepreneurial puis se rend compte que sa « vraie vocation, c’est la carrière des autres« . Elle fonde ainsi Mazette en 2023, un business club où « on cultive l’ambition sans arrogance, la réussite avec conscience, la bienveillance sans mollesse ».
Le succès est rapide, s’étend sur toute l’Espagne, avec désormais l’ambition d’en dépasser les frontières. Julie Droulers, installée à Madrid depuis 10 ans, a pris la tête du réseau madrilène le mois dernier. Dans un bar aux allures disco du quartier de Justicia, toutes deux nous racontent l’évolution de la capitale espagnole et les atouts qui en font une destination de choix pour les Français expatriés.
Pourquoi vient-on s’installer à Madrid ?
Circé : Le plus souvent, on arrive pour une opportunité professionnelle, comme Julie et moi, et puis on reste.
Julie : Il y a eu une vraie évolution de la ville. Il y a 10 ans, on sortait d’une grande crise économique. Puis la ville a pris son essor, elle est devenue de plus en plus dynamique. Il y a eu un vrai changement depuis 2017, pendant la crise catalane, Madrid a tout mis en place pour attirer les entreprises et se moderniser. Et puis, sans être un paradis fiscal, les impôts y sont moins élevés qu’en France, et même qu’à Barcelone.
Et pourquoi reste-t-on à Madrid ?
Julie : C’est une capitale facile à vivre, il n’y a pas trop de circulation. Tu peux t’évader rapidement dans la sierra. Il y a une offre de nature toute proche assez chouette. Et puis, Madrid est vraiment au milieu de l’Espagne, on va facilement à Valence, Barcelone, en Andalousie. L’offre culturelle et gastronomique est aussi très importante, et les Madrilènes aiment se rassembler, passer du temps en terrasse. On reste à Madrid pour l’ambiance.
Circé : Je m’y sens aussi très en sécurité. Depuis la 3e, mes enfants prennent le métro seuls, je peux courir dans les rues de Madrid à 6h30 sans problème. Ça n’a pas de prix, la sécurité. Et le réseau de transports est très performant, tous les quartiers sont bien connectés.
Comment décririez-vous la communauté française de Madrid ?
Circé : Elle est multiple, mais toujours bienveillante. Les Français qui ont choisi Madrid plutôt que New York ou Paris n’ont, en général, pas un ego surdimensionné. C’est une communauté pleine de contrastes, mais soudée et bienveillante. Certains sont arrivés en Erasmus et VIE, et ne sont jamais repartis. C’est aussi une communauté pérenne, davantage qu’à Barcelone. Les Français de Madrid restent souvent 15, 20 ans, voire plus.
Julie : Les Français qui sont envoyés à Madrid négocient en général pour y rester. Il y a un vrai attachement à la ville.
Quels conseils donneriez-vous aux nouveaux arrivants ?
Circé : Se mettre à l’espagnol. C’est une preuve de respect, et cela facilite l’intégration. Ensuite, embrasser pleinement la vie madrilène et profiter en même temps de la communauté française. L’un ne doit pas empêcher l’autre. C’est important de s’appuyer sur une communauté qui va te soutenir et ça n’empêche pas l’intégration, au contraire. Les Français de Madrid vont vous ouvrir les bras. Profiter de leur expérience vous permettra de gagner du temps et de l’argent. Mais il ne faut pas rester entre Français bien sûr.
Julie : En arrivant de France, on ne soupçonne pas à quel point les codes sont différents. Les Espagnols travaillent beaucoup par recommandation.
Circé : Oui, il faut sortir, se faire connaître, se créer un réseau. C’est un pays qui marche à la confiance et il faut vraiment en tenir compte.
