Les prénoms barcelonais ne sont pas une tendance, ils reflètent une mémoire.
À Barcelone, plus de 15 000 femmes s’appellent Maria selon le Registre Municipal en 2025. Un chiffre qui résume à lui seul ce que les prénoms les plus courants de la ville révèlent : l’histoire profonde de Barcelone, plus que les tendances du moment.
Le franquisme et l’immigration comme héritage
Chez les femmes, Maria arrive en tête, devant Montserrat et Marta. Un podium surprenant au premier regard, mais qui s’explique : il reflète des décennies de catholicisme et de culture catalane bien ancrés. Montserrat, prénom de la Vierge patronne de la Catalogne, porte à lui seul le poids de plusieurs générations nées sous le franquisme. Toléré par le régime précisément parce qu’il est religieux, mais pourtant profondément catalan.
Chez les hommes, Antonio devance Jordi, ce qui peut sembler surprenant dans la capitale catalane. Antonio, prénom espagnol par excellence, rappelle les grandes vagues d’immigration espagnole des années 1960-1970, qui ont profondément changé la composition de la ville. Tandis que Jordi, prénom de la résistance culturelle catalane, ne se maintient qu’en deuxième position.
Une différence au niveau national
Globalement, en Espagne, les prénoms les plus répandus en 2025 sont Hugo, Lucas et Diego chez les garçons, et Emma, Olivia et Lara chez les filles.
Des prénoms internationaux, modernes, sans ancrage religieux, ce qui illustre une rupture avec l’héritage franquiste qui contraste nettement avec le Maria et Antonio barcelonais.




