Dans la capitale espagnole, l’association française Madrid Accueil va bien au-delà de l’accompagnement des nouveaux arrivants. C’est un lieu de rencontres et d’entraide, dans un environnement sécurisant et dynamique. Rencontre.
Sur une terrasse face au Parc du Retiro, Blandine Motte semble intarissable sur les activités et les projets de son association. En charge de la section « pro » de Madrid Accueil, elle accompagne, avec une équipe de bénévoles, les francophones qui cherchent du travail dans la capitale. En théorie. Car en réalité, l’association s’est vite adaptée aux besoins des nouveaux arrivants comme des plus anciens, créant des espaces de partage et de réseautage pour tous.
Quel est le rôle de Madrid Accueil Pro ?
Nous accompagnons les francophones qui recherchent un emploi à Madrid. Nous ne les aidons pas directement à trouver un poste, mais nous leur redonnons confiance, nous les aidons à acquérir de nouvelles compétences et nous les accompagnons pour qu’ils passent à l’action.
Nous avons par exemple des ateliers focus compétences. Cela peut aller de faire un visuel sur Canva à booster son Linkedin ou savoir pitcher en entretien. Nous organisons aussi des networkings, des visites d’entreprises et des conférences. En tout, nous proposons une trentaine d’activités par an, et plus de 500 personnes y ont participé en 2025. Le prochain networking, et dernier avant l’été, aura lieu ce mercredi 20 mai.
Comment analysez-vous le marché de l’emploi à Madrid ?
A moins d’arriver avec un poste, ou de créer son propre business, c’est un marché compliqué. Je l’ai moi-même vécu en arrivant ici, j’ai quitté mon emploi en France après 30 ans, et ça n’a pas été simple. Le vrai handicap, c’est le salaire : 20 à 30% de moins qu’en France. On m’a proposé des salaires de débutants après 30 ans de carrière. Mais il ne faut pas généraliser, il existe aussi des postes bien rémunérés.
Quel est le profil du francophone qui recherche un emploi à Madrid ?
Nous remarquons beaucoup de retours du Moyen-Orient, d’Asie ou d’Amérique du Sud. Des profils d’expats qui reviennent en Europe parce que leurs enfants commencent des études supérieures ou que leurs parents vieillissent.
Ce sont des profils très qualifiés mais certaines femmes en particulier n’ont pas travaillé depuis 15, 20 ans, pour s’occuper de leurs enfants, et elles ne se sentent plus légitimes sur le marché de l’emploi. Beaucoup d’entre elles qui ont fait nos ateliers ont retrouvé confiance en elles, et ont retrouvé un travail. Elles reviennent nous voir pour nous remercier de leur avoir remis le pied à l’étrier, et certaines aussi pour aider les autres à leur tour.

Il y a aussi de plus en plus d’hommes qui suivent leurs femmes ayant un poste ici et arrivent sans job. Certains ont la cinquantaine mais tous retrouvent un travail asesz rapidement, ils ont peut-être davantage un sentiment d’urgence que les femmes.
Et puis, un grand nombre de jeunes. D’ailleurs, nous avons créé un pôle « moins de 30 ans » l’année dernière. Des couples qui plaquent leur vie en France pour venir à Madrid et tout recommencer.
Est-ce possible de tout recommencer à Madrid ?
Oui, mais il faut être patient et persévérant. Cela peut prendre jusqu’à un an pour trouver un emploi. Et souvent, il faut renoncer à un salaire important au départ, puis gravir les échelons. Je ne veux pas décourager les nouveaux arrivants, au contraire ! Mais il faut prendre le temps, et venir avec des réserves financières.
C’est aussi un vrai plus de parler espagnol Et puis, venez nous voir à Madrid Accueil ! Nous avons beaucoup de choses à vous offrir. Personnellement, cela a été ma porte d’entrée à Madrid.




