Le PIB espagnol augmente encore

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L’Institut national de la statistique a confirmé ce jeudi que le PIB espagnol avait progressé de 0,6 % au premier trimestre, conformément à l’estimation avancée publiée fin avril. Le principal soutien de cette croissance reste la consommation des ménages, qui a conservé une dynamique solide malgré le contexte inflationniste.

Ce chiffre marque un léger ralentissement par rapport à la fin de l’année 2025, lorsque l’économie avait progressé de 0,8 %. Cependant l’Espagne reste largement dans le vert. Il convient également de souligner que les effets de la guerre ne se reflètent que partiellement dans les chiffres du premier trimestre, puisqu’ils n’ont pesé sur l’activité qu’au mois de mars. Les prévisions pour les prochains mois demeurent néanmoins favorables. La semaine dernière, la Banque d’Espagne a estimé que le PIB pourrait progresser entre 0,5 % et 0,6 % au deuxième trimestre, cette fois avec l’impact complet de la fermeture du détroit d’Ormuz, et a maintenu une croissance annuelle à 2,3 %. Si la réouverture du détroit se confirme, les perspectives économiques pourraient même s’améliorer.

D’autres organismes d’analyse, comme Funcas, observent également une hausse de l’activité industrielle entre avril et juin. Ce rebond pourrait s’expliquer par une anticipation des commandes de la part des entreprises, inquiètes de possibles perturbations dans les chaînes d’approvisionnement. Cet élan industriel permettrait de compenser, au moins en partie, la perte de dynamisme de la consommation.

À court terme, le tableau reste donc relativement favorable malgré les tensions géopolitiques. Pour revenir au premier trimestre, les dépenses des ménages se confirment comme l’un des grands moteurs de la croissance, avec une hausse de 0,6 %. La bonne tenue du marché du travail a contribué à soutenir cette consommation, même si le rythme est inférieur à celui des trimestres précédents, où elle progressait autour de 0,9 %. Tout indique un ralentissement progressif, qui pourrait s’accentuer sous l’effet de la pression sur les prix. Les dépenses publiques, à l’inverse, gagnent en vigueur. Les administrations ont augmenté leur consommation de 0,5 %, contre 0,2 % au trimestre précédent.

L’investissement a également progressé, mais de manière beaucoup plus modérée. Dans le cas de la formation brute de capital fixe, la hausse atteint 0,4 %, loin des croissances supérieures à 2 % enregistrées lors des deux trimestres précédents.

Dans l’ensemble, la croissance de 0,6 % est considérée comme un bon résultat. Sa composition suscite toutefois davantage de réserves chez les économistes. La contribution plus importante des dépenses publiques et la perte d’élan de l’investissement obligent à surveiller de près l’évolution des prochains trimestres. La demande intérieure a été le principal moteur de l’augmentation du PIB, avec une contribution de 0,5 %. Ce résultat s’explique notamment par le fait que les importations de biens et services ont reculé plus fortement que les exportations.

Stagnation de la construction

Par secteurs, la stagnation de la construction par rapport au trimestre précédent interpelle, surtout à un moment où le manque de logements est devenu l’un des principaux problèmes sociaux du pays. Les mauvaises conditions météorologiques des premiers mois de l’année pourraient avoir freiné l’activité dans le secteur. Les prochains chiffres permettront de déterminer s’il s’agit d’un arrêt ponctuel ou du début d’une tendance plus préoccupante. Si ce ralentissement devait se confirmer, le signal serait négatif, alors que la Banque d’Espagne estime qu’il manque environ 750 000 logements pour répondre à la demande actuelle.

Les secteurs qui cartonnent

Dans les services, les meilleurs résultats sont observés dans les activités à forte valeur ajoutée. Les branches professionnelles, scientifiques et techniques ont progressé de 1,8 % sur le trimestre. Des secteurs plus traditionnels, comme le commerce, le transport et l’hôtellerie-restauration, ont également enregistré une évolution positive, avec une hausse de 1,4 %.

Ces données seront examinées lors du Conseil des ministres de lundi prochain. Il devra décider de prolonger ou de modifier le paquet de mesures de soutien lié à la guerre, qui arrive à échéance le 30 juin. L’évolution de l’économie sera déterminante dans cette décision. Avec une croissance toujours bien orientée, l’inflation apparaît désormais comme le principal risque pour l’Espagne. En mai, elle s’est établie à 3,2 %. Jusqu’à présent, une spirale des prix a pu être évitée, en grande partie grâce aux aides publiques, même si leurs effets continueront de se faire sentir tout au long de l’année.

 

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Image de Nico Salvado

Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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