L’autoroute France-Espagne va-elle redevenir payante ?

Catalogne péages
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Les embouteillages et l’accidentalité sur l’AP-7, autoroute qui relie la France à l’Espagne, depuis le retrait des péages ont fait réagir le Président de la Catalogne. Est-ce la fin de la gratuité ?  Eléments de réponses.

Mercredi matin, s’est engagé au Parlement de Catalogne un débat sur l’accidentalité de l’autoroute AP7. L’extréme-gauche a demandé des mesures pour gérer la circulation des poids lourds, mais le président socialiste du gouvernement, Salvador Illa, est allé plus loin, en se demandant si la levée des péages, ou la manière dont elle a été menée, n’avait pas été une erreur. « Peut-être nous sommes-nous trompés, non ?, lorsque nous demandions tous joyeusement : plus de péages ? », a-t-il lancé.

Le président a admis qu’« il est vrai qu’il y a un problème sur l’AP-7 » et estime que la creátion du périférique B-40 est une bonne solution pour désengorger l’autoroute France-Espagne. La B-40. actuellement sous forme de projet, serait le quatrième périphérique de Barcelone. Concrètement, c’est une autoroute pensée pour relier des villes du Vallès et du Baix Llobregat sans passer par Barcelone : Abrera, Terrassa, Sabadell, puis éventuellement Granollers / La Roca del Vallès selon les projets.

Salvador Illa a dénoncé au parlement, l’opposition de l’extrême gauche à cette autoroute pour des raisons environementales. En ce sens, il a appelé à la « responsabilité » face aux résistances qui apparaissent lorsqu’il est question de construire de nouvelles infrastructures et routes. « Nous nous effrayons tous. Certains plus que d’autres, d’ailleurs », a-t-il ajouté, dans une nouvelle critique adressée à la gauche radicale.

Par ailleurs, la Generalitat de Catalogne a présenté un système, pionnier en Espagne, destiné à détecter automatiquement d’éventuelles infractions au code de la route commises par des véhicules de transport de marchandises ou de personnes en cinq points du réseau routier catalan. Quatre d’entre eux seront situés sur l’AP-7.

Le premier point de contrôle utilisant ces nouvelles technologies est actuellement en phase de test près de l’ancien péage de l’AP-7, à hauteur de Martorell. Ces systèmes prennent la forme de sortes de portiques équipés de caméras et de capteurs capables de détecter des situations comme, par exemple, un camion en surcharge, une vignette environementale non à jour ou encore les données du tachygraphe, qui renseignent sur les temps de conduite et de repos. Ce détail est loin d’être anodin : la majorité des infractions commises par les chauffeurs routiers concernent le non-respect des heures de repos réglementaires. Le conducteur n’a pas besoin de s’arrêter : les informations sont recueillies pendant que le véhicule circule.

4,4 millions d’euros d’investissement sont débloqués pour peser les véhicules à leur passage et contrôler le repos des chauffeurs routiers

Une fois ces portiques franchis, si une irrégularité a été détectée, un panneau à message variable indiquera, au moyen de la plaque d’immatriculation, que le conducteur doit s’arrêter dans un espace aménagé à proximité. La police ra l’y attendra pour dresser une sanction. Dans le cas des conducteurs étrangers, ils seront systématiquement arrêtés à un point ou à un autre.

Quatre des cinq nouveaux systèmes de contrôle numérisé seront installés sur d’anciens péages de l’AP-7, une voie où le passage de véhicules lourds est très important. Selon les données de la Generalitat, entre 26 000 et 28 000 camions et autocars passent chaque jour par le tronçon de Martorell, entre 22 000 et 24 000 à La Roca del Vallès, entre 12 000 et 15 000 à Vila-seca, et entre 10 000 et 11 000 à La Jonquera.

Entre janvier et avril de cette année, 8 264 camions ont été inspectés en Catalogne, donnant lieu à 7 219 contraventions. Selon les Mossos d’Esquadra, la majorité des infractions concernent le non-respect des heures de repos réglementaires.

Pour l’instant, le projet démarre pour les camions et les autocars. Pourra-t-il être étendu à l’avenir aux voitures particulières ? Rien n’est encore acté, mais le gouvernement a confié que « l’on peut envisager de futurs développements avec d’autres véhicules ».

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Image de Nico Salvado

Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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