TRIBUNE LIBRE – « Comme beaucoup, j’ai rêvé, voire fantasmé, Barcelone pendant de très nombreuses années »

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Le lundi, Equinox ouvre ses colonnes à des regards personnels sur Barcelone, l’Espagne et la vie locale pour une tribune libre. Cette semaine, c’est Diane Silve, récente expatriée dans la cité catalane, qui prend la plume.

Comme beaucoup, j’ai rêvé, voire fantasmé, Barcelone pendant de très nombreuses années. D’abord tout doucement en la trouvant tellement agréable, chaleureuse, joyeuse et jolie. En collectionnant tous les clichés d’une ville fantastique, au bord de la mer, où il fait beau et bon passer un week-end ou une semaine de vacances.

Puis de plus en plus fort au long des années, avec la conviction profonde que ça devait être là et nulle part ailleurs. Au point, un jour et avec un alignement parfait de planètes (en tout cas, des agendas scolaires de mes trois enfants et une superbe opportunité professionnelle), d’embarquer enfin ma famille et notre petite chienne sous le bras pour un changement drastique de vie, d’emploi, d’école, de logement, de revenus, de rythme, de langue ou de météo – de tout. Adelante !

Près d’un an et demi depuis mon arrivée à Barcelone, et sans faire de bilan car l’aventure ne fait toujours que commencer, je repense à tout ce à quoi je ne m’attendais pas de trouver ici, ayant pourtant eu la chance de vivre dans plusieurs pays auparavant. A commencer par une relation très personnelle avec cette ville.

En fait Barcelone c’est un peu comme ma meilleure amie. Celle que j’aime plus que tout, qui me fait rire et me touche, parfois aux larmes, avec ses histoires mais qui peut aussi m’irriter bien que plus rarement et toujours de manière passagère. Cette amie-âme sœur que je déteste quitter et que j’adore retrouver. Celle qui fait les meilleurs apéros, chante et s’énerve fort et qui danse en rigolant. Celle qui, si elle devait se faire tatouer, choisirait peut-être un palmier.

Car les palmiers restent gravés dans ma mémoire comme les toutes premières images de Barcelone, à travers les fenêtres du taxi qui nous conduisait dans le centre de la ville depuis l’aéroport, un jour de décembre. Une impression assez irréelle d’un morceau d’Eté en plein Hiver. Le sentiment immédiat d’avoir débarqué dans un endroit très spécial sans savoir alors pourtant qu’un jour j’y installerai toute ma vie.

Désormais, tous les palmiers barcelonais, même ceux plantés en plein milieu du rond-point le plus bruyant de la ville épicentre des sirènes et des klaxons, ont le pouvoir magique de me faire sentir au bon endroit. Ils me permettent aussi et surtout de me rappeler le chemin parcouru des années après cette arrivée de vacances hivernales. Sans pour autant me sentir arrivée car je me rends compte tous les jours qu’un tel changement de vie, même désiré et anticipé, nécessite de confronter ses rêves à la réalité. Barcelone est une ville qui se gagne dur derrière les palmiers et les vues de carte postale. La beauté n’emporte pas la facilité.

Prochain épisode lundi prochain !

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Image de Aurélie Chamerois

Aurélie Chamerois

Cofondatrice d’Equinox et rédactrice en chef, Aurélie Chamerois est basée à Barcelone depuis 2008. Spécialisée dans les thématiques économiques et de société, elle décrypte les mutations du quotidien en Espagne et en Catalogne. Elle couvre aussi l’actualité espagnole pour RTL, BFMTV et Ouest-France.
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Aurélie Chamerois

Cofondatrice d’Equinox et rédactrice en chef, Aurélie Chamerois est basée à Barcelone depuis 2008. Spécialisée dans les thématiques économiques et de société, elle décrypte les mutations du quotidien en Espagne et en Catalogne. Elle couvre aussi l’actualité espagnole pour RTL, BFMTV et Ouest-France.
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