Grève générale en Espagne, en pleine campagne électorale

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L’Espagne se prépare à une grève générale de 24 heures pour dénoncer la crise du logement et les difficultés croissantes des salariés à se loger. Soutenu par CCOO et UGT, le mouvement sera le premier de cette ampleur organisé par les deux grands syndicats espagnols depuis quatorze ans.

La mobilisation intervient dans un contexte de forte tension autour du logement en Espagne. Ces dernières semaines, les manifestations et rassemblements se sont multipliés dans plusieurs grandes villes. À Madrid, des militants ont notamment installé un campement sur la Puerta del Sol pour dénoncer la hausse des loyers, les expulsions et les difficultés croissantes d’accès au logement. La même chose a lieu à Barcelone sur la Plaça Catalunya.

Le mouvement des locataires a progressivement obtenu le soutien des principales organisations syndicales du pays. Pour CCOO et UGT, la question du logement est directement liée au travail : les augmentations salariales perdent une partie de leur effet lorsque les loyers absorbent une part toujours plus importante des revenus. Les syndicats résument leur revendication autour d’un même principe : des salaires dignes pour accéder à un logement digne.

La future grève intervient alors que la crise du logement est devenue l’un des principaux sujets de préoccupation en Espagne. Les loyers élevés, la pénurie de logements disponibles dans les grandes villes, les expulsions, la multiplication des locations temporaires et les difficultés d’accès à la propriété alimentent depuis plusieurs mois les tensions sociales. Madrid et Barcelone concentrent une grande partie de cette pression, mais le phénomène touche désormais de nombreuses régions espagnoles.

La date est désormais fixée. La grève générale pour le logement doit avoir lieu dans toute l’Espagne le mercredi 11 novembre 2026. Les deux principales centrales syndicales espagnoles, CCOO et UGT, se sont entendues sur cette date avec les organisations de défense des locataires. Le mouvement prendra la forme d’un arrêt de travail de 24 heures à l’échelle nationale, avec une revendication centrale : obtenir des salaires permettant aux travailleurs d’accéder à un logement digne. Le 11 novembre, la contestation pourrait donc franchir un nouveau cap en quittant les seules manifestations de locataires pour gagner les entreprises et les lieux de travail.

Une grève juste avant les élections législatives

Le calendrier donne également à cette mobilisation une dimension politique particulière. La grève générale doit avoir lieu en pleine campagne électorale, le scrutin aura lieu le dimanche 29 juin. Les syndicats ont précisément cherché à organiser la mobilisation avant cette date afin d’éviter qu’elle puisse être contestée devant la Commission électorale centrale en raison de sa proximité avec les élections. Une grève générale organisée à quelques jours d’une campagne électorale constituerait une situation inédite dans l’Espagne démocratique récente.

La légalité de la grève fait débat

La mobilisation provoque déjà un débat juridique. La principale organisation patronale espagnole, la CEOE, estime que la revendication autour du logement ne trouve pas directement son origine dans un conflit du travail et s’interroge sur la légalité d’une telle grève. La législation espagnole prévoit en effet qu’une grève peut être considérée comme illégale lorsqu’elle est engagée pour des motifs politiques ou dans un objectif étranger aux intérêts professionnels des travailleurs concernés. CCOO et UGT défendent à l’inverse le lien direct entre salaires et accès au logement, considérant que la capacité d’un salarié à se loger correctement fait partie de ses conditions économiques et professionnelles. Cette question pourrait donc devenir l’un des principaux enjeux juridiques entourant la mobilisation du 11 novembre.

Une grève générale exceptionnelle en Espagne

L’événement sera particulièrement suivi car l’Espagne n’avait plus connu de grève générale soutenue conjointement par CCOO et UGT depuis 2012. À l’époque, les deux grandes centrales syndicales s’étaient mobilisées contre les politiques d’austérité et la réforme du marché du travail du gouvernement de Mariano Rajoy. Quatorze ans plus tard, c’est cette fois la crise du logement qui se retrouve au cœur de la contestation. Aux côtés de CCOO et UGT, plusieurs syndicats devraient participer à la mobilisation, notamment la CGT ainsi que différentes organisations régionales comme la CIG en Galice, ELA et LAB au Pays basque.

 

 

 

 

 

 

 

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Image de Nico Salvado

Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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