Couvre-feux, émeutes, commerces pillés et nouvelles manifestations annoncées : la crise française occupe une place importante dans la presse espagnole. À six mois de l’élection présidentielle de 2027, les journaux décrivent un Emmanuel Macron affaibli et un pays confronté à une profonde crise politique et sociale. Revue de presse.
« La France met le feu au macronisme ». Le titre du journal proche du gouvernement espagnol El País donne le ton. Le quotidien espagnol décrit un président déconnecté de la société, confronté à une contestation qui dépasse largement les premières mobilisations étudiantes. Pour le correspondant Daniel Verdú, les violences du week-end illustrent l’épuisement d’un cycle politique entamé en 2017. Même constat dans La Vanguardia, qui titre : « Les rues brûlent en France : Mélenchon et Le Pen sourient ». Le quotidien catalan souligne que la crise pourrait profiter politiquement aux deux principales forces d’opposition, alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu doit encore trouver une majorité pour faire adopter son budget.
Macron à l’étranger pendant que la France s’embrase
El Español titre sur un Macron en déplacement dans le Golfe persique tandis que la France s’embrase. Le site d’information, classé au centre-droit, décrit un président au crédit politique affaibli, qui poursuit son agenda diplomatique alors que les tensions sociales persistent dans son propre pays. La Vanguardia revient sur les accusations d’Emmanuel Macron contre Donald Trump et d’autres dirigeants étrangers, auxquels il reproche d’exploiter les violences françaises à des fins politiques et de diffuser des informations trompeuses.
Au-delà des scènes de violence, la presse espagnole s’interroge sur les causes profondes de la colère française : perte de pouvoir d’achat, crise du logement, dégradation des services publics et sentiment de déclassement d’une partie de la jeunesse.
Les couvre-feux à la une des journaux
Après les graves violences du week-end, c’est désormais la réponse sécuritaire qui retient l’attention des médias espagnols. El País détaille les couvre-feux partiels instaurés à Paris et dans plusieurs grandes villes françaises. Dans certains quartiers de la capitale, la circulation est interdite entre 23 heures et 6 heures du matin. Le journal insiste également sur les difficultés des forces de l’ordre, reconnues par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. De son côté, 20 Minutos met l’accent sur la prochaine journée de mobilisation, prévue samedi 24 octobre. Le Premier ministre annonce un dispositif policier « massif » pour éviter la répétition des affrontements et des pillages qui ont secoué le pays. Plus de 2 500 personnes ont été interpellées à la suite des violences, selon les bilans relayés par les médias espagnols.
Pour les observateurs espagnols, la crise française dépasse désormais la seule question du maintien de l’ordre. Elle pose celle de l’héritage politique d’Emmanuel Macron et de l’avenir d’un pays qui s’apprête à tourner la page de ses dix années de présidence.



