Grève générale à Madrid le 11 novembre : revendications, manifestations et perturbations prévues

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À Madrid, comme dans le reste de l’Espagne, une grève générale de 24 heures est prévue le mercredi 11 novembre. Voici ce qu’il faut savoir sur le contexte des mobilisations, les revendications et les modalités de la journée dans la capitale.

Il s’agit de la première grande grève générale nationale soutenue par les deux principaux syndicats espagnols, UGT (Union générale des travailleurs) et CCOO (Confédération syndicale des Commissions ouvrières), depuis novembre 2012. Son calendrier est également particulier : la grève aura lieu le 11 novembre, deux jours avant l’ouverture officielle de la campagne électorale, prévue le 13 novembre, pour les élections législatives anticipées du 29 novembre.

Que réclament les organisations mobilisées le 11 novembre ?

Au-delà de la dénonciation de la hausse du coût de la vie, les organisations mobilisées réclament des mesures concrètes sur le logement et les salaires. Elles demandent notamment un encadrement plus strict des loyers, y compris pour les locations saisonnières et les colocs, afin d’éviter que ces contrats échappent aux règles du marché. Elles souhaitent également une réforme de la loi espagnole sur les baux (LAU), le retour à des contrats de location à durée indéterminée et la suspension des expulsions des personnes vulnérables qui ne disposent pas de solution de relogement.

La mobilisation vise aussi le rôle des grands investisseurs dans le marché immobilier. La CGT réclame que les logements accumulés par les fonds d’investissement et les grands propriétaires spéculatifs puissent être récupérés par les pouvoirs publics, puis proposés à la location à des prix accessibles. Le syndicat demande également que les salaires augmentent au moins au rythme de l’inflation, en tenant davantage compte du coût du logement.

D’autres organisations avancent des objectifs chiffrés. UGT Extremadura demande une hausse d’au moins 7 % du salaire minimum interprofessionnel en 2027 et la création de 1,5 million de logements publics en dix ans. La CNT défend, de son côté, une réduction progressive du temps de travail jusqu’à 30 heures par semaine et propose de limiter les dépenses de logement à 33 % du revenu net mensuel des salariés.

Où se déroulera la manifestation à Madrid le 11 novembre ?

La grève est prévue pendant 24 heures, du mercredi 11 novembre à minuit jusqu’à minuit dans la nuit du mercredi au jeudi. À Madrid, la mobilisation est annoncée à 18 heures, avec un départ depuis Atocha et une arrivée sur la Plaza de España. Plusieurs syndicats comme l’UGT Madrid, associations comme Nosotras Mismas Chamberí et plusieurs comités de grève de quartier ont annoncé leur participation à la marche unitaire.

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Affiche officielle pour la Grève Générale du 11 novembre (11N) à Madrid.

Quels transports fonctionneront à Madrid pendant la grève ?

La Communauté de Madrid a fixé des services minimums pour les transports publics le 11 novembre. Le métro fonctionnera à 80 % de leur service habituel aux heures de pointe, de 7 h 30 à 9 h 30, de 14 h à 16 h et de 18 h à 20 h, et à 50 % le reste de la journée. Pour les bus EMT, les circulations seront maintenues à 50 % sur le réseau spécifique et à 40 % sur les lignes qui font doublon avec le métro. Les bus urbains et interurbains des autres communes de la région fonctionneront à 50 % jusqu’à 9 h 30, puis à 45 %. Le métro et le tramway assureront respectivement 50 % et 45 % de leurs services selon les mêmes plages horaires que le métro.

L’origine des contestations

Le mouvement prend une ampleur nationale après l’expulsion, le 23 septembre, de Maricarmen Abascal, une Madrilène de 87 ans qui vivait depuis 71 ans dans son logement du quartier du Retiro. Malgré la mobilisation de voisins et de militants venus tenter d’empêcher son expulsion, elle est évacuée de son domicile. Trois jours plus tard, le 26 septembre, une manifestation rassemble des milliers de personnes dans les rues de Madrid, sous le slogan « Ni una Maricarmen más » (« Pas une Maricarmen de plus« ) . À l’issue du rassemblement, des manifestants installent des tentes sur la Puerta del Sol pour réclamer des mesures contre les expulsions et la crise immobilière.

campement puerta del sol manif madrid

La mobilisation gagne rapidement d’autres villes. À Barcelone, une centaine de personnes installent à leur tour des tentes sur la plaça Catalunya le 29 septembre, pour réclamer le droit au logement et dénoncer la hausse des loyers et les expulsions.

Ce même jour, le gouvernement espagnol adopte deux décrets-lois consacrés au logement. Ils prévoient notamment des mesures de protection contre les expulsions, un encadrement des loyers et des dispositions visant à renforcer la stabilité des contrats de location. Mais le Congrès des députés rejette les deux textes le 2 octobre. Pedro Sánchez annonce alors le 5 octobre la dissolution du Parlement et la convocation d’élections générales anticipées pour le 29 novembre 2026.

Entre-temps, la mobilisation pour le logement s’élargit aux revendications salariales. Le 7 octobre, plusieurs organisations syndicales, dont CCOO et UGT, s’accordent avec la CGT (Confédération générale du travail), la CNT (Confédération nationale du travail) et des collectifs de défense des locataires pour appeler à une grève générale nationale.

Le même jour, Maricarmen Abascal meurt à l’hôpital. Si la mobilisation avait permis d’obtenir la restitution de son logement, elle n’a pas pu y retourner avant son décès. Son histoire est devenue l’un des symboles du mouvement. Prévue deux jours avant l’ouverture officielle de la campagne électorale, la grève du 11 novembre entend désormais porter des revendications qui dépassent la seule question du logement : salaires, pouvoir d’achat et conditions de travail sont également au cœur de l’appel.

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Cerise De Becque

Diplômée en journalisme de l'IEJ (Paris-Marseille), arrivée à Barcelone en 2022.
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Cerise De Becque

Diplômée en journalisme de l'IEJ (Paris-Marseille), arrivée à Barcelone en 2022.
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