Depuis la nuit dernière, près d’une centaine de tracteurs bloquent l’autoroute AP-7 et la N-II à Pontós, perturbant fortement la circulation vers la frontière française.
Ce jeudi matin, des dizaines de paysans ont investi les routes avec leurs tracteurs, paralysant les deux axes dans les deux sens à hauteur de Pontós, dans l’Alt Empordà, à environ 160 km au nord-est de Barcelone, près de la frontière française. L’opération, entamée vers 3 h du matin, s’inscrit dans une série de mobilisations contre l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, mais aussi contre les coupes budgétaires prévues dans la Politique Agricole Commune (PAC).
Selon les manifestants, ces mesures menacent directement la viabilité des exploitations agricoles locales et suscitent une forte inquiétude dans la profession.
Le blocage à Pontós : une protestation visible
Les manifestants ont investi l’autoroute et la route nationale, entraînant la fermeture de ces axes et la mise en place de déviations pour les automobilistes. Selon des témoins, les tracteurs ont complètement obstrué la chaussée et des pneus ont été disposés pour renforcer le blocage. Les forces de l’ordre sont fortement mobilisées sur place, sans incident majeur à signaler pour l’instant.
La circulation en direction de la frontière française reste très perturbée, avec des embouteillages de plusieurs kilomètres. Les autorités ont mis en place des itinéraires de contournement, tandis que les organisateurs ont veillé à laisser passer les véhicules qui se trouvaient déjà sur les routes avant le début du blocage.
Revendications et contexte de la protestation
Les agriculteurs dénoncent avant tout l’accord du Mercosur, qu’ils jugent défavorable à l’agriculture locale. Selon eux, il faciliterait l’entrée de produits agricoles importés à moindre coût, soumis à des normes moins strictes que celles en vigueur en Europe, créant ainsi une concurrence jugée déloyale. Ils s’opposent également aux coupes budgétaires et aux réformes de la Politique Agricole Commune (PAC), qu’ils estiment injustes pour leur secteur.
Dans un communiqué, certains manifestants ont également exprimé des inquiétudes concernant la sécurité alimentaire et la perte de souveraineté face aux accords internationaux. Ils réclament que les conditions d’importation soient au moins aussi strictes que celles imposées aux produits locaux.