En Espagne, la possible réintroduction d’animaux dans les cirques suscite de vives réactions. À Valence, un spectacle incluant des animaux a provoqué des protestations d’activistes, de riverains et de professionnels du secteur, relançant le débat sur l’éthique et le bien-être animal.
Depuis plusieurs années, l’Espagne semblait s’engager vers la fin progressive de l’utilisation d’animaux dans les cirques, notamment grâce à des interdictions régionales concernant les espèces sauvages. Ces lois répondaient à une prise de conscience croissante de la société face aux conditions de vie souvent inadaptées imposées aux animaux.
Toutefois, l’absence d’une législation nationale uniforme laisse subsister des zones grises. Des changements politiques récents ont permis à certains territoires d’assouplir leur réglementation, ouvrant la voie à un retour partiel des animaux dans les spectacles circassiens.
Valence, épicentre de la contestation
À Valence, l’installation d’un cirque utilisant des animaux a ravivé les tensions. Alors que la Communauté valencienne interdisait auparavant cette pratique, une modification de la loi sur le bien-être animal a supprimé cette restriction. Désormais, des animaux comme des chevaux, des lamas, des bœufs ou des dromadaires peuvent être intégrés aux numéros.
Cette décision a déclenché de nombreuses manifestations menées par des associations de protection animale et soutenues par des habitants du quartier. Les opposants dénoncent une exploitation contraire à l’éthique, soulignant que ces animaux sont soumis au stress des transports fréquents, à des conditions de vie artificielles et à un dressage visant avant tout le divertissement du public.
Un débat éthique et culturel toujours ouvert
La polémique ne se limite pas aux militants animalistes. De nombreux artistes et professionnels du cirque, notamment issus du Teatro Circo Price, du Circo Gran Fele ou regroupés au sein de l’APCCV (Association des professionnels du cirque de la Communauté valencienne) et de la FEECSE (Fédération espagnole des écoles de cirque socio-éducatif), s’opposent à l’utilisation d’animaux dans les spectacles, affirmant que le cirque contemporain peut exister sans exploitation animale. Ils estiment que le cirque moderne peut se réinventer sans exploitation animale, en mettant en avant les performances humaines, la créativité et l’innovation artistique. Selon eux, autoriser à nouveau des animaux dans les cirques envoie un message problématique, notamment aux enfants, en normalisant l’idée que l’animal est un outil de divertissement.
Face à une société de plus en plus sensible au bien-être animal, cette réintégration apparaît pour beaucoup comme un recul. L’avenir dépendra désormais des décisions politiques à venir et de la capacité de l’Espagne à établir une réglementation claire et cohérente sur l’ensemble du territoire.