Conforté par les résultats enregistrés lors des derniers scrutins, le Rassemblement national compte sur les municipales pour asseoir son ancrage local, espérant conserver Perpignan et ravir Carcassonne ou encore Narbonne.
Par Audrey Sommazi pour Touleco
L’Aude, la cible
Dans l’un des départements les plus pauvres de France, qui compte trois députés du RN élus en 2024 dans trois circonscriptions, le parti nationaliste espère « prendre des mairies dans une région et un département qui nous sourient », selon les mots de Marine Le Pen. À commencer par Carcassonne. Le candidat désigné est le député Christophe Barthès, qui mène déjà une campagne intense sur le terrain. Le maire sortant, Gérard Larrat (divers droite), est contraint, à 83 ans, de se représenter pour la quatrième fois. Deux conseillers départementaux soutenus par le parti Horizons – François Mourad et Magali Bardou – se sont lancés dans la bataille en binôme. À gauche, Alix Soler-Alcaraz est le candidat socialiste.
À Limoux, bastion socialiste depuis 1971, c’est Maxime Bot, le délégué départemental du parti d’extrême droite, qui s’y colle. Face à lui, le maire actuel, Pierre Durand, vient d’officialiser sa candidature. Ailleurs dans le département, Leucate, Port-La-Nouvelle, Gruissan, communes qui ont à plus de 58 % voté en faveur du parti d’extrême droite, sont dans le viseur du RN, qui espère, aussi, mettre la main sur Narbonne, en désignant le député Frédéric Falcon comme candidat.
Dans les Pyrénées-Orientales, conserver Perpignan
Perpignan a été la première commune de plus de 120.000 habitants à basculer, en 2020, dans l’escarcelle du RN avec l’élection de Louis Aliot. Le maire, et premier vice-président du Rassemblement national, brigue un nouveau mandat, malgré la menace d’inéligibilité qui pèse sur lui dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Le procès en appel se terminera le 12 février. En première instance, Louis Aliot avait été condamné à une peine de dix-huit mois de prison dont six mois ferme sous bracelet électronique, avec une amende de 8000 euros et une inéligibilité de trois ans, sans exécution immédiate.
Face à lui, le parti Les Républicains soutient Bruno Nougayrède et la gauche est éparpillée entre la liste Perpignan autrement, menée par le PS Mathias Blanc, celle d’Agnès Langevine, vice-présidente de la Région Occitanie, qui porte l’étiquette Place publique (PP), et celle de Mickael Idrac, le candidat de La France insoumise (LFI), des Verts et de Génération.s.
Dans le Tarn-et-Garonne, transformer l’essai à Montauban
Brigitte Barèges, qui a été condamnée en 2024 à cinq ans d’inéligibilité dans une affaire de détournement de fonds publics alors qu’elle était maire de Montauban en exercice depuis 2001, n’est pas un lointain souvenir. Son ancien directeur général des services, Didier Lallemand, est son héritier : il est le candidat de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti d’Éric Ciotti, qui a noué une alliance avec le Rassemblement national (RN). En 2024, Brigitte Barèges avait quitté Les Républicains et avait été nommée vice-présidente de l’UDR.
À gauche, Arnaud Hilion est le candidat intronisé par le Parti socialiste et Samir Chikhi mènera la liste « Montauban gauche, écologique et citoyenne » (La France insoumise, le Parti communiste, Montauban citoyenne, Collège citoyen, le Nouveau Parti anticapitaliste et Génération.s.)