Suite aux accidents de train survenus en janvier, le principal syndicat des conducteurs espagnols lance aujourd’hui une grève de trois jours. Au total, ce sont huit compagnies ferroviaires qui y participent.
Des centaines de trains seront annulés ou fortement perturbés jusqu’à mercredi dans tout le pays. Des milliers de conducteurs de huit compagnies différentes cesseront de travailler en Espagne lors des trois prochains jours : Renfe, Ouigo, Iryo, Medway, Captrain, Transervi, Redalsa et Tracción Rail. Les voyageurs sont appelés à vérifier leurs trajets et à s’attendre à de fortes difficultés de circulation.
Le mouvement aura un impact majeur sur le trafic ferroviaire, affectant : les trains de banlieue (Rodalies, Cercanias) dans tous les grands pôles urbains, les lignes de moyenne et longue distance, les trains à grande vitesse (AVE), ainsi que le transport ferroviaire de marchandises.
Des services minimums sont toutefois assurés : 75% du trafic des trains de banlieue est garanti aux heures de pointe, 50% le reste de la journée ; 65% pour les moyennes distances ; 75% pour les TGV et longue distance.
Négligences et manque d’entretien
Depuis le 18 janvier et la collision entre deux trains en Andalousie, l’Espagne n’est pas épargnée. En quelques semaines, trois accidents ont été recensés, faisant 47 morts et des centaines de blessés. De quoi plonger tout un pays dans la peur et le doute, alors que l’Espagne est reconnue pour posséder l’un des meilleurs réseaux ferroviaires du monde.
Agacés, les salariés des sociétés ferroviaires dénoncent « la négligence persistante face aux rapports des conducteurs alertant des diverses déficiences […] durant des mois », tout en assurant qu’ils ont « signalé le mauvais état des voies à différents points kilométriques sans avoir eu de réponses ni d’interventions pendant des mois, voire des années ».
Pour le syndicat, ces alertes ignorées mettent directement en danger les conducteurs et les passagers. Le SEMAF (Sindicato Español de Maquinistas y Ayudantes Ferroviarios) souhaite ainsi faire passer un message clair et exercer une pression sur les entreprises de transport comme sur les autorités. Il a indiqué maintenir la grève prévue, après s’être entretenu avec le ministre des Transports, Óscar Puente, et sans parvenir à un accord sur les questions de sécurité.
