Alors que la tempête Marta frappe le Portugal et une partie de l’Espagne, Barcelone reste relativement épargnée, loin des dégâts observés en Andalousie ou dans la région de Valence. Selon l’agence météo espagnole, cette situation s’explique par la position géographique très particulière de la capitale catalane et des aménagements urbains effectués. Explications.
Valence, octobre 2024. Une violente tempête fait 229 morts et des dégâts matériels considérables dans toute la région. Andalouise, janvier et février 2026. Trois tempêtes successives frappent Malaga, Cadix et Cordoue, faisant au moins quatre morts, et plus de 20 000 personnes évacuées en raison des inondations, des crues et des glissements de terrain.
Une géographie favorable
Barcelone, elle, semble encore une fois épargnée par les fortes pluies qui s’abattent sur la péninsule ibérique. Et l’une des raisons de cette exception, c’est avant tout un avantage géographique majeur. La plupart des grandes tempêtes et des épisodes de pluies torrentielles arrivent par le sud-ouest de l’Espagne, depuis l’Atlantique, via le détroit de Gibraltar. Elles frappent donc en premier l’Andalousie, puis remontent vers l’intérieur du pays ou vers la région de Valence.
En progressant vers la Catalogne, ces systèmes météo perdent une grande partie de leur énergie. L’AEMET (Agence météorologique espagnole) explique que les masses d’air chargées d’humidité sont progressivement freinées par des zones arides, des plateaux et des reliefs qui réduisent l’intensité des pluies et la violence des vents.
Le relief joue également un rôle clé. Barcelone est partiellement protégée par des chaînes de collines et de montagnes qui s’étendent de l’ouest au nord de la ville. La Serra de Collserola agit comme une véritable barrière contre les vents violents venus de l’intérieur des terres.
Les cours d’eau locaux sont aussi moins dangereux. Contrairement à Valence, traversée par le Turia et la Rambla del Poyo, deux fleuves capables de gonfler brutalement lors des épisodes de DANA, Barcelone ne possède que de petits torrents côtiers, plus faciles à canaliser.
Ce que la ville a mis en place
Au-delà de la nature, Barcelone s’est aussi préparée. La ville dispose d’un réseau d’égouts et de galeries souterraines très développé, capable d’absorber rapidement de fortes quantités d’eau. Mais ce sont surtout les bassins de rétention, en grande partie situés dans le secteur du Baix Llobregat, qui jouent un rôle clé : ils permettent de stocker temporairement l’eau de pluie lors des épisodes extrêmes, évitant qu’elle n’envahisse les rues.
Face aux tempêtes maritimes, Barcelone a aussi renforcé son littoral avec des digues et des murets, notamment à la Barceloneta. Un système de surveillance, piloté avec les données de l’AEMET, permet désormais de fermer plages et zones portuaires lorsque la houle et le vent dépassent des seuils dangereux.
Mais si Barcelone semble aujourd’hui épagrnée, c’est aussi parce qu’elle a appris de ses erreurs. Le 25 septembre 1962, les Riadas del Vallès dévastent la région barcelonaise. Le bilan officiel fait état de 617 morts, mais les autorités estiment aujourd’hui que 800 à 1 000 personnes ont perdu la vie. Il s’agit encore de la catastrophe naturelle la plus meurtrière de l’histoire de Barcelone.
Pour autant, la ville n’est pas à l’abri de nouveaux épisodes météorologiques extrêmes. En novembre 2024, elle a connu un autre avertissement avec de fortes pluies qui ont provoqué l’annulation de 70 vols, l’innondation de l’aéroport de Barcelona-El Prat et de certains quartiers, notamment Poblenou, ou la ville voisine de Badalona.
