jeudi 19 février 2026

La pêche espagnole en danger

À l’heure où la hausse des coûts et les contraintes environnementales redessinent l’économie maritime européenne, la filière du poisson en Espagne traverse une crise profonde, fragilisant l’un des secteurs les plus emblématiques du pays. 

À force de payer le carburant, l’électricité et le transport, de nombreux armateurs voient le coût d’une sortie en mer dépasser la valeur de la pêche ramenée au port. Cette crise de rentabilité s’inscrit aussi dans un recul durable de la demande. En cinq ans, la consommation de poisson a chuté de 26% en Espagne, alors que son prix reste deux fois inférieur à celui du bœuf en moyenne. Un paradoxe qui illustre la désaffection progressive des ménages pour les produits de la mer, dans un contexte d’inflation et de changement des habitudes alimentaires.

Des quotas qui n’arrangent pas la situation

À cette pression économique s’ajoute le durcissement des quotas européens, destinés à protéger les stocks. Néanmoins, ils limitent fortement certaines espèces clés comme la sardine, le merlu ou le cabillaud. Dans plusieurs zones, la pêche autorisée a été réduite de plus de moitié en quelques années, rendant certaines campagnes de pêche difficilement viables. Pour les professionnels, ces règles accentuent la perte de compétitivité face aux importations.

Avec près de 8 500 navires et environ 30 000 emplois directs, la pêche reste pourtant un pilier économique pour la plupart de régions côtières ibériques. Mais l’Espagne dépend de plus en plus de poissons importés, souvent moins chers et produits sous des normes différentes. De quoi accentuer la fragilité de la flotte nationale.

Face à cette crise jugée structurelle, les organisations de pêcheurs réclament des aides d’urgence et une adaptation des règles du marché. Sans soutien rapide, une partie de la pêche artisanale pourrait disparaître, emportant avec elle des milliers d’emplois et une partie de l’identité maritime espagnole.

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